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Le Brexit et notre petit monde

Pierre NADEAU,

Ce qui m’a le plus étonné dans la situation après Brexit c’est le manque de leadership et le manque de responsabilité des gagnants. Les deux principaux avocats du Brexit : Boris Johnson et Nigel Farange  sont demeurés muets, retirés de la décision du référendum sauf pour admettre que certaines de leurs justifications pour leur cause n’étaient pas totalement vraies. 

Les gagnants n’avaient aucun plan en cas de succès. Pire encore ils n’ont pas de pouvoir…heureusement. Les leaders du parti au pouvoir et le chef de l’opposition, partis qui ont défendu le maintien avec l’Europe, ont perdu la légitimité électorale et morale de gouverner ce « nouveau » pays.  Ils n’avaient prévu aucun plan en cas de perte du référendum. Personne ne se pointe à l’horizon pour combler ce vide de leadership. Le leadership européen, vieux jeu et arrogant, polarise les conséquences du vote plutôt que la recherche calme et ouverte de solutions créatrices. 

Les jeunes qui ont voté majoritairement pour rester en Europe se sentent floués comme s’ils se sont fait voler leur avenir par leurs aînés. Les Européens qui travaillent en Angleterre se demandent quand ils devront retourner chez eux. Les retraités anglais, vivant légitimement dans des pays plus chauds de l’UE, auront à revenir pour maintenir leurs droits, y compris leurs pensions. Les  immigrants assistent à une montée du racisme depuis le vote. Certains se demandent s’ils vont être déportés. Le 48% qui a perdu le vote organise des manifestations et presque 3 millions signent une pétition pour un autre referendum. L’Écosse qui fait partie du Royaume-Uni et qui a voté à plus de 60% pour le maintien avec l’Europe veut se séparer pour réintégrer l’UE. Elle a perdu un referendum sur son indépendance deux ans plus tôt pour rester dans l’UE. Les referendums à répétitions en si peu de temps et sur le même sujet, même si légitime dans ce cas-ci, font fi de la démocratie.

 Le nombre d’impasses dans ce dossier est étourdissant. Le pays s’en sortira, mais avec des conséquences. Lesquelles? Il est trop tôt pour le savoir.

À un niveau moindre, J’ai moi-même assisté à la destruction d’une institution. Il y a des parallèles à faire à notre niveau. Des leçons à tirer.

Avant de détruire une institution, il faut avoir une alternative valable et réaliste. Toute forme d’unité peut comporter des désavantages, mais les alternatives doivent pouvoir maintenir l’unité déjà créée, sinon tout le monde sera perdant. Il faut toujours garder une certaine méfiance envers nos leaders, car ce n’est pas toujours facile de percer leurs secrets ou leurs inaptitudes. Détruire est rapide. Construire est interminable et jamais parfait. Les institutions trop imbues de leurs pouvoirs et qui n’écoutent  pas la voix de ses minorités mettent leur avenir à risque. Trop de changements ou des changements trop rapides d’une institution peuvent être une cause sérieuse d’aliénation de ses membres. Les institutions appartiennent aux membres et non aux leaders. Toutes nos sociétés ont énormément d’éducation à faire à tous les niveaux pour éviter le plus grand mal de l’humanité : le racisme ou la xénophobie.

Je souhaite sincèrement au peuple anglais, un peuple comme nous,  de se sortir au plus tôt de cette crise.

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