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ASRA vs AGRI : l’incohérence du monopole syndical



Devant les résultats de la consultation réalisée auprès des producteurs de grains, le président de l’UPA ainsi que celui de la Fédération Les Producteurs de grains du Québec tentent maintenant de faire marche arrière. 

Pourtant, si les producteurs se retrouvent aujourd’hui dans cette position, c’est en raison des positions prises par l'UPA.

Il faut se rappeler que l'UPA était membre du groupe de travail sur la sécurité du revenu agricole et qu’elle a signé le rapport qui recommande d’offrir le choix aux secteurs de production actuellement couverts par l’ASRA de participer à l’ASRA ou aux programmes Agri-Québec.

Bref, l’UPA a elle-même demandé la tenue d’un tel vote!

Avec de telles positions prises au nom de tous, car avec son monopole syndical l'UPA parle au nom de tous les producteurs, il ne faut donc pas se surprendre des démarches entreprises par le ministre québécois de l’Agriculture ou par La Financière agricole du Québec.

L’UPA ne peut aujourd’hui plaider de façon crédible la complémentarité des programmes ASRA et Agri, alors que les recommandations faites dans le passé illustrent l’inverse.

Plutôt que de passer son temps à confronter le ministre et à demander des retours en arrière contradictoires, le syndicat agricole devrait plutôt s’assurer que le programme Agri-Québec soit bonifié.

Par exemple, le Conseil des entrepreneurs agricoles (CEA) préconise une majoration de la contribution au-delà des seuils actuels des valeurs nettes agricoles (VNA), dont le 3,2 % pour les fermes ayant jusqu’à 1,5 M$ de VNA.

Le CEA croit aussi qu'il serait judicieux d'inclure une clause de sécurité au cas où le dollar canadien serait grandement réévalué par rapport à la devise américaine ou encore à la suite d’une grande dévaluation boursière du marché des grains.

Les déclarations des derniers jours nous rappellent combien les actions de l'UPA sont guidées par un souci d’opportunisme corporatif plutôt que par une réelle défense des intérêts des producteurs agricoles du Québec.

Par Jacques Cartier, Président du Conseil des entrepreneurs agricoles