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L’accès à l’eau menacé…

Michel BIBEAU ,

Étrangement, la diminution de l’accès gratuit aux différents plans d’eau du Québec fait couler beaucoup d’encre depuis quelques semaines. Je dis étrangement, car le problème était fort prévisible depuis une dizaine d’années et il fallait regarder les yeux grands fermés pour ne pas le prévoir.

À Pointe-aux-Trembles notamment, il en coûte maintenant 50 $ par jour pour un non-résident qui veut mettre son bateau à l’eau et garer son véhicule pour la journée; vignette annuelle 500 $. En revanche, les résidents de Montréal ne paient pas. À Magog, ce type de pratique est en vigueur depuis plus d’une décennie. À Varennes, c’est nouveau de cette année. Dans les Laurentides, le phénomène existe depuis des décennies en certains points.

À qui appartient l’eau ?

À la base, l’eau appartient à tous les Québécois (ou à tous les Canadiens dans le cas du St-Laurent), mais c’est autre chose quand on parle des terrains riverains. Pour accéder à l’eau, il faut passer par un terrain, privé ou municipal. Cela dit, la mise à l’eau des embarcations modernes nécessite une rampe de descente qui peut coûter facilement au-delà de 100 000 $ à construire, sans compter les quais nécessaires pour maintenir les bateaux temporairement avant le départ et au retour. Finalement, les aires de stationnement doivent être fonctionnelles, assez vastes et idéalement sous surveillance.

Donc, même dans le contexte d’une rampe de mise à l’eau municipale, quelqu’un doit payer quelque part pour la construction et l’entretien de l’infrastructure. Et, au final, ce sont les citoyens de la municipalité qui paient la facture. On voudrait bien que tout soit gratuit, mais c’est là que le principe de l’utilisateur payeur entre en jeu, et le contraire est ici difficile à défendre, malheureusement.

Puis, pour crémer le gâteau un peu plus, étant donné que les places en marina s’accroissent annuellement à un rythme 20 fois inférieur à celui des ventes de bateaux, on peut prévoir que le problème ne va que grossir d’année en année. Juste pour vous donner une idée, il y a environ 18 000 places à quai dans les marinas du Québec, alors que les bateaux se comptent par centaines de milliers actuellement, tous modèles confondus.

L’avenir ?

Je serais le premier à souhaiter que tout soit gratuit comme à une autre époque, croyez-moi ! Mais je sais que ce serait se bercer d’illusions de penser ainsi.  L’accès à l’eau va donc perdurer, oui, mais à un prix qui risqué de s’accroître au fil des années à venir. Et comme le mot se passe vite entre les municipalités quand vient le temps de facturer, les 5 prochaines seront décisives.

Bonnes vacances estivales !