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La crise agricole prise au sérieux en France : Que feront le Québec et le Canada ?

Yannick PATELLI ,

 Le quotidien Ouest-France vient de publier un article qui déclare que l’agriculture française prépare un ``conclave`` de crise pour la rentrée. En France l’agriculture chamboulée notamment depuis l’abolition des quotas laitiers va devoir affronter des mutations structurelles et profondes. Des états généraux sont donc prévus le 1er septembre pour trouver une solution à la crise. Que feront le Québec et le Canada à l’automne 2016 alors qu’ils sont confrontés au problème de l’importation de lait diafiltré qui génère, aux dires des producteurs laitiers du Québec, un début de crise par ici ?

Ouest-France fait état d’un désespoir très présent dans le milieu agricole Outre-Atlantique : `` Les tendres paysages de la douce France craquent`` écrit le quotidien régional et il rappelle que les demandes de prime d’activité ( aides d’État) explosent: 150 000 demandes pour les six premiers mois de 2016 alors que seulement 60 000 avaient été planifiées ! Les manifestations spectaculaires du 1er septembre dernier ne semblent pas avoir permis de se diriger vers un plus bel avenir pour les producteurs de l’hexagone. Selon Ouest-France, au-delà des producteurs de viande et de lait, ``étranglés par la baisse des cours``, on aurait à faire aujourd’hui à une crise agricole amplifiée qui toucherait tous les secteurs : céréaliers, maraîchers, etc.

Un syndicat pro-actif ?

``Une année noire, du jamais vu. Tous les prix de toutes les productions sont en baisse : les pertes vont se comptabiliser en milliards d’euros``, a déclaré Xavier Beulin, président de la FNSEA, premier syndicat agricole en France.. Il réunira dans le cadre d’un Conseil de l’agriculture française le 1er septembre prochain à Paris, tous les acteurs : syndicats, mutuelles, banques etc pour préparer une sortie de crise, selon les informations obtenues par Ouest-France.

Quelles rencontres et actions prévues par le Québec et le Canada?

Au Québec, d’ici là, nous devrions peut-être connaître la date choisie par le ministre de l’Agriculture du Québec, Pierre Paradis, pour organiser le Sommet de l’Alimentation qui devra définir l’avenir de l’agriculture du Québec en présence des syndicats, transformateurs, partenaires financiers et consommateurs ? Et Justin Trudeau, Premier ministre du Canada, donnera-t-il des réponses favorables aux producteurs laitiers lors de son passage au Saguenay Lac-Saint-Jean à la fin du mois d’août afin de les rassurer sur la fermeture des frontières pour empêcher l’entrée de lait diafiltré au Canada en provenance des États-Unis ?

Du côté des rencontres estivales entre les fédérations à travers le pays et les industriels rien n’a encore filtré et les producteurs sur les réseaux sociaux font état d’un silence ``top secret`` qui commence à décevoir grandement la base. Le maintien au secret de décisions prises depuis des semaines et qui doivent s’appliquer en septembre n’a effectivement rien pour rassurer.

Certains s’interrogent sur le fait qu’on leur demande de produire 3% de plus, d’autres s’inquiètent de l’article intitulé : ``Liberals boost tax on quota`` paru dans le Country Guide dans lequel on fait mention d’une volonté du gouvernement fédéral d’augmenter les taxes sur le gain en capital lors de la vente de quotas.