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L’adaptation a une limite qui s’appelle Brexit et Trump

Pierre NADEAU ,

NDLR:TEXTE DÉJÀ PUBLIÉ LE 18 AOÛT  DERNIER /  Le Brexit  aura des adeptes ailleurs, voire en Europe, car il reflète  davantage une difficulté d’adaptation de sa population qu’une polarisation gauche-droite. 

Les plus vieux, les moins éduqués, ceux qui n’ont pas le temps de lire les journaux et tous les autres qui ont généralement un plus grand besoin de sécurité et de prévisibilité éprouvent un malaise face à une société qu’ils ne reconnaissent plus comme celle dans laquelle ils ont grandi. C’est révélateur  de la difficulté d’adaptation de l’homo 2016 d’entendre des vieux communistes ordinaires rêver du bon vieux temps même s’ il n’y avait pas de liberté, pas de denrées alimentaires dans les magasins, etc. C’est ainsi qu’on réalise qu’il y a quand même des limites à l’adaptation de l’être humain en société.

Il y a les immigrants visibles en trop grand nombre, les pertes d’emplois liés à la désindustrialisation, les nouvelles technologies qui changent tout le temps. Il y a les réseaux sociaux comme société parallèle qu’on ne fréquente pas, les fonds de pensions qui étaient autrefois solides comme le roc et maintenant déficitaires, les obligations qui n’offrent plus de rendements  pour les vieux jours. Il y a des ennemis difficilement identifiables qui vivent peut-être parmi nous et qui attaquent lâchement nos femmes et nos enfants sur la plage ou autres endroits publics. Il y a des leaders dont on doute de leurs capacités car ils n’ont pas de réponses immédiates à des problèmes complexes et toutes ces nouvelles ententes internationales incompréhensibles sur lesquelles il n’y a  aucun droit de regard et encore moins d’influence dirigée par des bureaucrates lointains, arrogants et trop payés.

Le Brexit est peut-être une solution, la rupture de l’ALENA par Trump aussi. L’avenir le dira.  Mais ces gestes ne seront pas suffisants pour répondre aux besoins de  sécurité des citoyens.  Pire, il pourrait y avoir des conséquences négatives. Les États-Unis ont besoin du PTP pour stimuler leur économie, surtout si la Chine s’y joint éventuellement.

Le phénomène Trump s’insère dans cette logique de besoin de sécurité. Il offre un type de leadership qui répond à tous ces besoins avec des paroles qui évoquent un retour en arrière et des solutions instantanées.  Une Amérique amoindrie par la crise de 2008, humiliée par la destruction des tours jumelles en 2001, appauvrie par son économie qui piétine et par la piètre valeur de ses maisons mais aussi, diminuée par son apparente incapacité à faire la guerre à ses ennemis, veut tellement croire encore à sa grandeur. Elle veut désespérément croire qu’elle regagnera sa grandeur d’autrefois, qu’elle élirait n’importe quel  âne ou éléphant aux promesses semblables. Mais les américains ne seront pas les seuls. Combien de ces faux magiciens xénophobes élirons-nous dans le monde au cours des prochains 5 à 10 ans?  

Nos leaders ne peuvent ignorer les besoins d’adaptation de leurs citoyens tout en guidant le pays vers des décisions d’intérêt national. La solution se trouve dans le PTP  dans les fromages. Les produits sensibles ne pénètreront pleinement notre marché que sur une période de 19 ans. C’est une vraie période d’adaptation qui pourrait effacer bien des inquiétudes.