RSS
Vue Mobile
| Abonnement | Journal virtuel

Paradis, l'homme de la situation

Jean-Pierre LEMIEUX ,

« Il n'y a plus de moyen de sortir de ça ». Mme Nicole Varin, productrice de sirop d'érable d'Oka en a assez. « Le seul moyen c'est Pierre Paradis parce qu'il faut changer la loi sur la mise en marché des produits agricoles (M-35). C'est l'homme de la situation ».

« C'est Corbeil qui a tout donné à la fédération, un dentiste » ajoute-t-elle sur un ton ironique. « J'ai  beaucoup de respect pour Florent Gagné, il m'en reste encore pour Pierre Paradis ».

Sa contestation de la FPAQ a des effets sur ses autres productions : son assurance pour sa production de pomme a été coupée parce qu'elle était non conforme avec la FPAQ. Son opposition la rend inadmissible à l'assurance stabilisation dans ses autres productions.

Mme Varin s'est fait couper son assurance par la Financière à l'époque où l'UPA avait la majorité au CA. « Ce n'est plus le cas depuis que l'ex-ministre de l'Agriculture Claude Béchard a mis fin à cela », mais elle est toujours bloquée.

Non admissible

En janvier 2011 Mme Varin reçoit une lettre de la Financière agricole lui annonçant que sa ferme n’était plus admissible aux programmes Agri-stabilité et Agri-investissement. La raison : mise en marché non conforme (FPAQ).

La décision de la Financière « fait suite à une information obtenue de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec nous indiquant que votre entreprise était en défaut de respecter le plan conjoint des producteurs acéricoles du Québec, ce qui est une condition pour participer aux programmes ».

En plus comme cela faisait deux années consécutives qu’elle n’était pas admissible, la Financière écrit : « nous avons procédé à la fermeture de votre dossier ».

L'avenir ?

C'est la quatrième génération de Varin qui exploite cette terre dans la région d'Oka « et probablement la dernière ». Mme Varin explique : « En 45 minutes on est en Ontario, on va aller le produire là-bas et on va le ramener au Québec le sirop. Ils vont l'aimer parce que c'est du Varin, on va garder la même authenticité ».

Si elle déménageait,  elle pourrait en vendre tant qu'elle pourrait n'étant plus sous la juridiction de l'office de mise en marché des produits de l'érable. « Est-ce que c'est ça qu'on veut pour le Québec? On nous parle de Bombardier, du Cirque du Soleil, pis nous autres on est des crétins parce qu'on n'est pas capable de s'administrer? »

Mme Varin poursuit : « on est capable d'acheter la ferme, d'investir pour les équipements, mais quand vient le temps de le vendre on n'a pas de droit au dernier mot, il faut que ce soit des individus assis dans des chaises de cuir à Longueuil ou à Québec qui mènent ».