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Un 15 $ qui dérange

Sylvain Charlebois ,

Il est évident qu’un salaire minimum augmenté à 15 $ de l’heure serait problématique pour l’ensemble du secteur agroalimentaire. En effet, agriculture, la transformation alimentaire, la restauration, l’ensemble de l’industrie, et surtout les PME, auraient beaucoup de difficulté à créer des emplois et à offrir des postes intéressants aux travailleurs en début de carrière, advenant qu’une telle augmentation soit votée par le gouvernement. Les études qui démontrent à quel point une telle politique peut nuire aux travailleurs se relaient. Malgré cela, le gouvernement Couillard se montre ouvert au débat sur une hausse éventuelle du salaire minimum à 15 $. Celui-ci est actuellement fixé à 10,75 $ de l’heure au Québec. (…) 

Et que dire de l’agriculture, de la transformation et même de la distribution alimentaire ? Ces secteurs d’activités doivent souvent composer avec des marges bénéficiaires très minces. Dans le domaine de la transformation, plusieurs petites entreprises offrant de formidables « petits produits » ne pourront engager de nouveaux employés à un taux horaire de 15 $ de l’heure et conforter leur expansion. Malheureusement, c’est cette dure réalité économique qui prévaut dans l’industrie. Et puisque les grands de la distribution exercent déjà énormément de pression sur leurs fournisseurs pour qu’ils diminuent les prix, une augmentation est difficilement envisageable, à moins d’exécuter le travail grâce à une réduction drastique du personnel.

Une telle politique pourrait même forcer certaines entreprises à cesser leurs activités et ainsi pénaliser certains travailleurs en grand besoin de travail, jeunes et moins jeunes. En revanche, les grands prophètes d’une meilleure justice sociale soutiendront qu’une telle mesure aidera les plus vulnérables de notre communauté. Peut-être. Mais puisque plus de 88 % des travailleurs qui gagnent le salaire minimum vivent au sein de ménages de la classe moyenne, et que moins de 2 % font partie d’une famille monoparentale, il y a sans doute d’autres façons de les aider, sans pour autant pénaliser les joyaux de notre économie agroalimentaire.