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Produits du Québec: c'est de notre nourriture dont il est question

Jean-Pierre LEMIEUX ,

En entendant dire que l'appellation « produit du Québec » serait abandonnée, Mme Lorraine G. Cyr a été estomaquée. « Je ne peux pas accepter qu'on fasse ça à des gens qui ont travaillé d'arrache-pied et d'arrache-coeur pour faire le travail qui s'est fait au Québec depuis plusieurs années ». 

Ce qui a provoqué la colère de Mme Cyr c'est l'annonce, par le ministre de l'Agriculture Pierre Paradis le 9 août dernier, de l'abrogation du « règlement sur les fruits et légumes frais ». Le lendemain le ministre rectifiait le tir.

« Je ne suis pas née sur la rue Saint-Laurent » dit-elle pour bien montrer qu'elle ne parle pas à travers son chapeau.  Lorraine Gosselin Cyr est née à Sainte-Félicité-de-Matane, son père a eu la médaille d'or du mérite agricole en 1964, elle a épousé le chef Renaud Cyr qui a toujours défendu les produits du Québec, longtemps propriétaire du Manoir des Érables à Montmagny, elle est la mère de Frédéric Cyr qui est, depuis juillet, chef au Château Frontenac à Québec.

« Je suis d'accord avec les inspections, avec les lois, mais je ne suis pas d'accord avec ce qui se passe présentement, c'est de notre nourriture qu'il s'agit. On est en train de régresser au lieu d'avancer. Il faut laisser vivre ces gens-là ». Mme Cyr n'aime pas voir les gens « les mains attachées ».

« Il y a trop d'enfarge » dit-elle en parlant des producteurs laitiers (importation de lait diafiltré), des producteurs d'érables, des abattoirs. « Tant que vous allez avoir un seul syndicat avec l'UPA vous allez être enfargés » a-t-elle dit à son neveu producteur laitier. Mais là-dessus elle n'a pas voulu en dire davantage.

Mme Cyr donne l'exemple de son père, producteur laitier, qui pour faire face à la situation à l'époque (trop grandes concessions demandées par l'usine laitière) a décidé de « partir une run de lait ». Elle comprend que cela n'est plus possible aujourd'hui, mais il avait la possibilité de réagir pour se faire respecter en tant que producteur. « Je suis nationaliste, Renaud l'était, mon père l'était, mais ce n'est pas une question de parti politique, il y a trop « d'enfarge ».

L'appellation restera

Un jour après avoir annoncé l'abrogation du règlement qui faisait tomber l'obligation de l'étiquetage « produit du Québec », le ministre de l'Agriculture disait dans un communiqué : « Le gouvernement demeure fermement engagé dans la promotion des produits québécois et dans la transparence de l'information au consommateur. Pour ce faire, j'entends réintroduire l'obligation d'identification « Produit du Québec » pour les fruits et les légumes frais ».

Le communiqué mentionne que le ministre profitera du Somment sur l'alimentation pour parler de l'origine des produits « mais aussi sur les enjeux liés à l'étiquetage, à la transparence et à la confiance du consommateur ».