RSS
Vue Mobile
| Abonnement | Journal virtuel

Augmenter le bénéfice par la maîtrise des fourrages

Nathalie GENTESSE, M.Sc., agr. ,

 

Planifier la culture, la récolte et l’entreposage des fourrages évite des coûts inutiles et augmente le bénéfice  des fermes. 

Quoi planifier?

Semer les bonnes plantes dans les bons sols. Par exemple, si la luzerne ne pousse pas bien chez vous ou ne survit jamais à l’hiver, il ne faut pas en faire un drame, ni s’acharner.  Combattre la nature coûte trop cher. Des mélanges à base de trèfles obtiennent d’excellentes productivités en termes de lait par hectare. Quand un mélange fourrager est bien adapté au drainage et au type de sol, toutes les espèces poussent tel que prévu et persistent plusieurs années. On récolte ce qui était souhaité au moment de la planification.

La durée des rotations doit être prévue en fonction du potentiel d’un champ à maintenir un rapport équilibré de légumineuses et de graminées. On peut discuter longtemps sur le pourcentage idéal de l’une ou l’autre, est-ce 60/40 ou 70/30, selon les besoins des animaux à nourrir. Lorsque l’équilibre légumineuses/graminées fait défaut, on s’attend à une perte de rendement fourrager et à une perte de productivité des animaux. Une prairie malmenée par un hiver difficile ou qui est en place depuis trop longtemps augmente donc la moyenne du coût de production par tonne récoltée.

Les légumineuses, comme la luzerne et le trèfle, à cause de leur pouvoir tampon, résistent à la baisse du pH de l’ensilage, nécessaire à la conservation. Comme les graminées ne possèdent pas cette caractéristique leur présence dans le mélange facilite la conservation des ensilages. De plus, les graminées jeunes, avec leur proportion feuilles/tiges élevée comparativement aux légumineuses améliorent la compaction de l’ensilage.

Éviter un impact négatif sur la santé des animaux

Du point de vue de la vache, un fourrage composé seulement de légumineuses ou, à l’opposé, seulement de graminées, est loin d’être performant. Par exemple, une ration contenant exclusivement de la luzerne jeune, en plus d’être trop riche par rapport aux besoins d’une vache laitière, possède une vitesse de digestion trop rapide pour produire du lait efficacement et garder l’animal en santé. D’un autre côté, si on ne dispose que d’un fourrage entièrement composé de graminées, sa vitesse de digestion dans le rumen est plus lente et devient un facteur limitant dès que l’herbe est plus mature. C’est autant de coûts indirects associés à une mauvaise composition du fourrage servi et menant à une productivité sous-optimale ou à un impact négatif sur la santé des animaux.

Le moment du semis, lorsqu’il est bien choisi améliore le taux et l’uniformité de la levée des plantules. Un semis trop hâtif, en sol frais, résultera souvent en une éclosion de mauvaises herbes, créant de la compétition aux plantes fourragères. Plusieurs producteurs optent d’ailleurs pour un semis d’été, en sol réchauffé, ce qui répartit, du même coup la surcharge de travail du printemps.

La planification des mélanges d’espèces, de la durée des rotations et du moment du semis est incontournable pour limiter les coûts engendrés par une faible productivité des prairies.  Il n’y a pas de recette toute faite et il faut être prêt à ajuster le plan selon les contraintes de son entreprise.