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Les leçons des étrangers

Pierre NADEAU ,

Si un groupe de transformateurs de  pays  étrangers dénoncent unanimement l’entente entre producteurs laitiers et transformateurs canadiens, c’est qu’elle doit être bonne pour nous et astucieuse comme solution.  Voilà une idée contraire à ce qui a été véhiculé chez nous.

Récemment, les associations industrielles de transformateurs laitiers de la Nouvelle-Zélande, des États-Unis, de l’Union européenne, de l’Australie et du Mexique ont signé une lettre conjointe adressée à leurs autorités de commerce international et d’agriculture pour dénoncer l’entente signée par les Canadiens…sans l’avoir lu, ou du moins pas une copie officielle.

On a intérêt à dénoncer les failles chez les autres plutôt que les siennes. L’Europe et les États-Unis battent tous les records mondiaux per capita de soutiens  déguisés à leur agriculture. À titre d’exemple, l’OCDE a estimé que les divers soutiens à l’agriculture totalisaient  83 milliards d’euros par an, soit un montant qui représente 19% des revenus agricoles. Bref, même si votre ferme en Europe fait un déficit de 15% elle peut toujours compter sur un profit de 4%.

En Nouvelle-Zélande les produits laitiers se vendent au prix fort à l’interne (comme chez nous) alors que le lait, leur matière première, coûte la moitié du prix canadien à produire. Qui pourrait nous faire croire sans rire que ce n’est pas une subvention indirecte à l’exportation? De plus, à toutes fins utiles, la Nouvelle-Zélande détient un monopole pour la transformation laitière, une coopérative de producteurs, lesquels reçoivent leurs revenus de source agricole et de ristournes de la coopérative. Avec ces vases communicants, vous voyez la passe ici? En passant, la céleste et quasi canonisée Nouvelle-Zélande qui critique toujours le Canada dans le domaine laitier jouit de favoritisme pour l’achat de beurre par le Canada. Mais… on n’en parle pas.

Bientôt, le Canada recevra la visite du député élu et vice-président de la commission Agriculture et développement rural au Parlement européen. Il a déclaré qu’il  s’inquiète de voir que  la copie de fromages français « plagiés » par les producteurs canadiens soit reconnue à l’avenir par l’entente AECG. José Bové, celui dont la popularité a été lancée en détruisant un McDonald en construction et par d’autres actes taxés de désobéissance civile par ses compatriotes s’est présenté comme candidat à l’élection présidentielle française en 2007. Comme le dit si bien François Hollande, Président d’une république que nous connaissons bien, « le populisme, ça existe partout » en faisait référence à des élus français de droite.

Mais qui sont ces gens qui osent venir nous donner des leçons d’éthique, juger nos fromages  et interpréter à leur façon intéressée les règles d’ententes internationales ? Eh bien, certains d’entre eux détiennent des entreprises de transformation laitière au Canada et leurs profits s’en vont totalement chez eux ne laissant rien derrière, d’autres jouissent de favoritisme commercial et en veulent davantage et il y a toujours ces élus qui sont payés pour passer des lois le jour tout en étant anarchistes la nuit et les week-ends. Des politiciens à la Dr. Jekyll et M. Hyde, ça existe partout. Si vous y comprenez quelque chose, dites-le-moi au plus vite.

pierre.nadeau@videotron.ca