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José Bové interdit au Canada ?

Yannick PATELLI ,

Alors que le Conseil des Canadiens et Vigilance OGM attendaient José Bové dans le cadre d’une conférence qui se tenait au centre Saint-Pierre à Montréal ce mardi soir, on apprenait que le député européen, bien connu aussi comme altermondialiste, syndicaliste agricole de la Confédération paysanne et de Via Campesina était retenu à l’aéroport Trudeau par les douaniers. Il risque de ne jamais pouvoir s’exprimer contre l’Accord de libre-échange Canada-Union européenne (AECG), qui est pourtant sur la sellette montréalaise ces jours-ci en raison de la venue jeudi midi prochain, à la Chambre de commerce de Montréal sur ce même sujet, de MM. Justin Trudeau, Philippe Couillard et Manuels Valls, respectivement premier ministre du Canada, du Québec et de la France. 

José Bové est connu pour ses prises de position contre les OGM et ses actions d'arrachage illégal de plantations OGM en France dans le passé. Il a aussi été candidat à l'élection présidentielle française de 2007.

La soirée était prévue sur le thème : Les peuples et la planète avant le profit, L’AECG, un recul pour la souveraineté alimentaire, la justice sociale et l’environnement. Celle-ci a donc dû se dérouler sans lui.

Une soirée sans José Bové !

Lorsque La Vie agricole a quitté les lieux, les organisateurs tentaient encore de comprendre comment gérer la situation. Les interlocuteurs présents qui se sont exprimés ont orienté les présentations sur tout ce qui à leurs yeux semble nuire à une saine économie en faveur des populations. Il a été précisé au cours des interventions que l’AECG profiterait essentiellement au 1 % les plus riches. D’autres enjeux ont aussi été abordés pour notamment contrer le projet Énergie-est, présenté comme un danger pour l’ensemble des agriculteurs au Canada en cas de déversement pétrolier.

L’avis d’un expert

Au cours de la soirée, La Vie agricole s’est entretenue grâce à un contact de Stéphane Gendron de la radio Énergie avec Stéphane Handfield, avocat spécialisé en immigration. Stéphane Handfield a confié à La Vie agricole qu’à sa connaissance du dossier, si José Bové était réellement retenu aux douanes depuis 15h en après-midi et qu’il avait dans le passé commis un méfait pour lequel il a été condamné en France, il risquait probablement de devoir retourner de l’autre côté de l’Atlantique.

Cas semblable à Dieudonné ?

« C’est un peu le même cas que ce qu’a vécu Dieudonné ici. S’il est connu qu’il a été condamné pour méfait, il risque l’emprisonnement ici même s’il a purgé sa peine dans son pays d’origine», de dire Me Handfield. Selon Stéphane Handfield, José Bové se retrouverait face au choix de retirer sa demande d’entrée au pays ou de devoir retourner en France : « Dans le cas où il tomberait sous le coup de la loi 36 1b et 36 2b et qu’il y a concordance de son méfait dans le droit criminel canadien, il peut être accusé de haute criminalité. Si jamais il décide de ne pas repartir, il sera incarcéré et traduit devant le tribunal d’ici 48 heures», apprenait-on au cours de la soirée par Me Handfield.

Avant la conférence quelques bruits de couloirs laissaient présager que Vigilance OGM et le Conseil des Canadiens préparaient un comité d’accueil pas forcément sympathique aux trois premiers ministres attendus au Sheraton jeudi midi. Est-ce que la préparation d’une manifestation quelconque serait en cause dans le blocage du député Bové aux douanes ?

 

Parcours judiciaire de José Bové

Au cours de son parcours judiciaire, José Bové a été accompagné par François Roux, avocat à la Cour de Montpellier. En 2003, José Bové a sollicité une grâce présidentielle. Il a été entendu puisqu'il a été partiellement gracié et le reste de sa peine adaptée. Il n'est resté en prison qu'un mois et dix jours au lieu des 22 mois prononcés contre lui. Dans des conditions normales de remise de peine, il aurait dû effectuer au minimum sept mois de prison. Selon différentes sources ses démêlés avec la justice s’étalent de 1976 à 2012.

Crédit-Photo: Ouest-France