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«Repenser L’Europe et l’euro» Stiglitz

Yannick PATELLI ,

«Il faudra bien repenser l’Europe et l’euro» a déclaré Joseph Stiglitz, économiste américain détenteur d’un prix Nobel et ex-économiste en chef de la Banque mondiale lors de son intervention le mardi 10 octobre à Québec dans le cadre du 3e Sommet des coopératives.

Après les messages d’ouverture d’usage, évidemment tous favorables à la force coopérative, lus par l’ex-présidente du Mouvement Desjardins, Monique F.Leroux : « Notre sommet est l’occasion de faire mieux grâce aux coopératives et aux mutuelles», par le président actuel du Mouvement Desjardins Guy Cormier : « Les coops n’ont pas d’avenir sans les jeunes», du maire de Québec, Régis Labeaume : « Si Lévis est la ville légitime des coopératives, on ne les aime pas moins pour autant à Québec» et du premier ministre du Québec, Philippe Couillard : « Les coopératives font partie de notre ADN au Québec et sont un signe de prospérité», Stiglitz a brassé un peu les idées reçues : « Les inégalités n’ont jamais été aussi grandes et oui les coops peuvent faire la différence, car le privé ne peut pas régler les problèmes d’inégalités qu’il a lui  même créé».

Stiglitz critique sévèrement les États-Unis

Il s’est ensuite  lancé dans une diatribe contre les États-Unis «où les PDG touchent 300 fois la rémunération des travailleurs moyens, où le travailleur masculin gagne moins en 2016 qu’en 1970 et où la véritable inégalité se situe dans le domaine de la santé et de l’éducation», dit-il.

Il a ensuite ajouté : « Ceux qui ont le plus perdu sont les classes moyennes en Europe et aux États-Unis».  Sur certains aspects il a expliqué envier le Canada ce qui n’a évidemment pas déplu au ministre fédéral de la famille, Jean-Claude Duclos, présent pour échanger et qui, lui, a rappelé que son gouvernement s’est engagé à faire payer les plus  riches.

Quelques réalités selon Stiglitz exprimées par des citations de son discours:

« Les grosses primes des banquiers minent la théorie qui veut que la rémunération dans une économie dépende de la contribution sociale de chacun» de dire Stiglitz.

« Le concept du peuple qui était autrefois de gauche est maintenant autant de gauche que de droite», ajoute-t-il.

« On a espéré après la Seconde Guerre mondiale une baisse des impôts et une croissance permanente, mais ce n’est pas le cas. Et la financiarisation de l’économie a entraîné tous les déséquilibres qu’on constate aujourd’hui, de préciser le Prix Nobel..

« Nous aurons besoin d’innovations institutionnelles. Les populations ne doivent pas être exclues économiquement sinon elles se retirent politiquement et on vit des tensions. Il faut donner une voix aux pauvres. Ils ont autant peur de tomber de la falaise que de ne pas être entendus. Il faut rendre les gens heureux et les amener à contrôler leur vie».

Les solutions apportées par Stiglitz :

« Oui à la taxe carbone, à plus de redistribution. Une grande partie du monde fait face à des défis environnementaux et d’urbanisation», a-t-il dit.  Il a conclu tout sourire en disant qu’un risque mondial vient de s’estomper puisqu’il se dit assuré de la victoire d’Hillary Clinton face à Donald Trump*, mais a rappelé que pour l’Europe, «L’euro n’est toujours pas viable pour un avenir serein !».

*Lors de sa conférence à Québec Joseph Stiglitz se basait sur les sondages donnant la démocrate Hillary Clinton très en avance mais depuis un sondage paru le 1er novembre déclarait que le républicain Donald Trump la devance de 1 % : 46 % des répondants affirmant vouloir voter pour lui alors que 45 % disaient début novembre encore préférer Hillary.