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Un peu d’histoire sur une merveilleuse culture: le maïs

Pierre FOURNIER ,

Le maïs est une  culture avec un potentiel élevé quand on la gâte un peu. Le maïs est impressionnant à tout point de vue: en surface cultivée, en production de grains, d’ensilage, de maïs-sucré, maïs blanc pour les nachos et tortillas, maïs à pop-corn,  etc. C’est la céréale la plus produite dans le monde et cultivée dans plus de 150 pays pour un volume de 1 milliard de tonnes sur les 2,5 milliards récoltées, de blé, riz, soya, d’orge, d’avoine, etc.  Les États-Unis et la Chine produisent d’ailleurs 60% de tout le maïs du monde. 

C’est une vieille culture (9000 ans)  mais encore jeune au Québec car on a reconnu officiellement la culture du maïs-grain en 1962, soit la même année que la formation du Ministère de l’Éducation du Québec. Je me rappelle très bien des promoteurs et producteurs de maïs-grain  des années 60 car, j’ai commencé ma carrière en 71, donc 9 ans seulement après sa désignation.

Le Grand Manitou demeure Napoléon Roy (Nap King pour les intimes) un franco-Ontarien de Pain Court (Chatham) pour avoir démarré King Grain et Pride Seed et pour avoir avec d’autres agronomes, poussé comme pas un sur cette belle culture…avec le Pride 3 et 5.   Il a été reconnu par le gouvernement du Québec en 1971

Gaétan Lussier, Maurice Hardy, René Cloutier (pour n’en nommer que quelques-uns) tous agronomes et jeunes professionnels ont activement convaincu les producteurs de semer du maïs-grain, dès 1962.

Le ministère de l’Agriculture et de la colonisation a fait une bonne promotion également en demandant aux producteurs de bien drainer leurs terres, les chauler, bien les fertiliser (G. Lussier et M.Hardy s’en occupaient bien avec A.Lang, travaillant tous dans l’industrie des engrais).                                                                                                                 

  La semaine du cultivateur, lancé en 1968 pour le transfert de technique, de contact et…de social, a laissé ses traces dans le Salon de l’agriculture et du SIMAQ actuel…On y parlait de maïs, de soya, de betterave à sucre, de lin, de céréales, de luzerne, de rotation, etc.

Un article paru par les Meuniers Québécois déclarait une production de 7 millions de boisseaux en 1971 comparé à plus de 150 millions de nos jours. Tous les médias ont appuyé cette production également.

Bernard Blouin de St-Barnabé a toujours été un champion, depuis le début dans cette culture : en obtenant 130 b/a en 1974 sur 47 acres, il a passé dans la catégorie des « Imbattables »Je l’ai même honoré en 1992 pour ses réalisations, avec Maurice Hardy.

Albert Lang, agronome et responsable de la R-D chez les engrais Albatros a contribué énormément à la culture en établissant, vers le milieu des années 60,  un centre de recherche chez Raymond Desmarais, St-Thomas d`Aquin…des centaines de parcelles de diverses compagnies étaient en démonstration et on parlait d’agronomie à des milliers de visiteurs chaque été. C’est lui qui a fait connaître les oligo-éléments au Québec. Par la suite, plusieurs industries ont emboîté le pas.

Aujourd’hui, le maïs entre dans plus de 2500 produits, bref il nourrit le bétail et le monde.

Une anecdote : J’ai fait rire de moi vers 84-85 (dans les Cliniques de maïs) en affirmant que l’on pouvait produire 200b/a de maïs-grain (12,5 t/ha) au Québec…Certains y ont crû tel que les frères Cousineau de St-Clet, les premiers à battre ce record de rendement en 1986!  Aujourd`hui, certains producteurs obtiennent ce rendement comme moyenne de leur terre.