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Vers un protectionnisme des marchés ?

Stéphane GENDRON ,

L’élection “surprise” de Donald Trump à la présidence des États-Unis vient marquer un jalon de plus vers une tendance que le New York Times rapportait il y a de cela quelques semaines dans ses pages: une progression à la baisse du libre-échange un peu partout sur la planète.

 

Bien que cette analyse basée sur des données statistiques colligées un peu partout auprès des pays libre-échangistes a de quoi surprendre, elle marque peut-être la fin d’un cycle amorcé il y a une quarantaine d’années. On se souviendra que l’Union européenne a vu le jour au XXe siècle (1951) pour mettre en commun des échanges commerciaux au sein d’un espace libre de barrières, le tout en débutant timidement par les marchés du charbon et de l’acier. Puis, le mouvement s’est accentué vers une communauté européenne politique et un gouvernement de type fédéral où les états membres abdiquaient certains pouvoirs locaux afin de se soumettre à des règles uniformes sur le territoire européen. Ce mouvement s’est aussi transposé au niveau économique en Amérique avec les divers traités conclus au fil des décennies avec le Mexique, les États-Unis et divers pays de l’Amérique latine.

L’Agriculture a toujours été une donnée “à part” dans les marchés ouverts - tout comme l’industrie culturelle. Maintenant que le libre-échange semble prendre forme avec l’Europe et que le Partenariat TransPacifique semble poindre à l’horizon, de plus en plus d’observateurs et de politiciens s’interrogent sur la pertinence de tels traités et ses effets directs sur l’économie locale - dont l’agriculture.

Ce débat ne fait que commencer et la tendance n’est plus à cette ouverture “inconditionnelle” au profit d’une idéologie déconnectée trop souvent de la réalité sur le terrain. En matière agricole surtout, personne ne veut nécessairement avoir accès à des produits dont on ne connaît que trop peu la provenance et par surcroît, dont on ignore presque tout des méthodes de production. Il s’agit ici d’une question de proximité, de sécurité alimentaire et d’environnement. Tout comme la question de l’étiquetage des produits agricoles, le consommateur veut savoir et porter un choix éclairé. Manger n’est pas nécessairement une affaire de commerce, mais ce consommateur est-il prêt à en assumer le prix à la caisse ? Voilà la question.