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«Un examen de la démocratie à l'intérieur de l'UPA s'impose», disait Donald Martel en 2013

Jean-Pierre LEMIEUX ,

NDLR: Donald Martel remplace Sylvie D'Amours à l'Agriculture à la Coalition Avenir Québec. La Vie agricole vous propose de relire ce qu'il confiait en 2013 à notre journaliste Jean-Pierre Lemieux. Avec Paradis et Moreau, deux hommes politiques pas très favorables au monopole de l'UPA au sein du gouvernement, l'arrivée de Donald Martel, lui-même très interpellé par le sens du fonctionnement démocratique à L'UPA, ça doit trembler dans la tour de Longueuil. Une chance pour L'UPA que Françoise David, elle aussi en faveur du pluralisme syndical vient d'annoncer sa retraite de la politique. Il semble qu'à court terme il ne restera plus au syndicat, dont le monopole est reconnu par la loi de 1972, que le soutien du parti québécois qui pour le moment ne s'est jamais distancé de celui-ci. D'ailleurs, selon nos sources, le président de l'UPA, Marcel Groleau a été assez actif lors des dernières rencontres organisées par le parti québécois à Québec récemment. Un avenir politique se dessine-t-il pour M.Groleau après les années de syndicalisme ? Vous noterez également que déjà en 2013, le dossier Levinoff-Colbex auquel La Vie agricole redonne vie depuis quelques semaines était au centre des discussions !



Entrevue réalisée en décembre 2013:


« On serait dû pour une bonne analyse des règles démocratiques à l'intérieur de l'UPA ». C'est ce que le député de Nicolet-Bécancour, M. Donald Martel, Coalition Avenir Québec (CAQ), est venu dire à l'un de ses électeurs.


M. Vincent Kelhetter, un agriculteur de Deschaillons, est bien connu pour ces dénonciations de l'UPA. Il milite dans l'Association de défense des producteurs de bovins dans le dossier de l'abattoir Levinoff-Colbex, accusant l'UPA d'avoir fait adopter le projet, et les contraintes financières qui s'en suivirent, par des délégués et non par les membres eux-mêmes. Après avoir multiplié les démarches de toutes sortes et après avoir écrit deux fois au ministre de l'Agriculture, M. François Gendron, pour lui faire part de sa situation, M. Kelhetter a demandé à son député de venir le voir, chez lui, pour exposer sa situation. Il a aussi invité La Vie agricole à assister à cette rencontre le 15 novembre dernier. Même s'il s'agissait d'une rencontre privée, au domicile de M. Kelhetter, le député Martel ne s'est pas défilé et a accepté sans hésiter la présence du journaliste. M. Martel est le porte-parole de sa formation en matière d'agriculture. Il n'a pas de préjugé défavorable envers l'UPA mais, ajoute-t-il « On ne peut pas faire sourde oreille à ce qu'on entend ». Le député Martel est venu dire à M. Kelhetter qu'il n'était pas seul dans cette situation. « Il ne s'agit pas d'un cas isolé » dit-il.
Ce que le député Martel propose c'est une sorte de commission parlementaire pour tenir une discussion avec tous les intervenants qui le voudront sur le format actuel du fonctionnement de l'UPA : « Je ne suis pas en train de vous annoncer un changement de direction dans le programme de la CAQ sur ce sujet » a-t-il précisé.

Le chef de la CAQ toujours prudent avec L'UPA

Rappelons que le 30 août 2012, de passage à Montmagny en campagne électorale, le chef de la CAQ, M. François Legault avait déclaré « On n'a pas l'intention de toucher à l'UPA » disant comprendre que certains producteurs étaient en difficultés. Revoir l'entrevue accordée à La Vie agricole: https://www.youtube.com/watch?v=_UmyCGCQKt0

(M.Legault a fait état de le même prudence lors du dernier congrès de L'UPA en 2016 essayant de se rapprocher de l'UPA plutôt que de s'en distancer)


Pas un cas isolé


Dans sa dernière lettre M. Kelhetter rappelle au ministre Gendron l'impact sur lui et son entreprise de la contribution de 53,86 $ par bovins de réforme comme contribution spéciale pour le développement de la mise en marché que les producteurs doivent payer pour l'abattoir Levinoff-Colbex depuis longtemps en faillite. Il a toujours refusé de payer. Il se dit victime d'intimidation « de la part de la FPBQ qui me prive de mes subventions provinciales et fédérales tout en m'exigeant un taux d’intérêt de 24 % l'an pour ma contribution impayée de la Colbex et cela avec une lettre de rappel chaque mois comme pour enfoncer le clou chaque fois un peu plus pour marquer l'autorité de cette belle fédération qui oublie qu'elle doit 19 millions à Investissement Québec donc à toute la province … Ma question est donc la suivante : Est-ce que Investissement Québec envoie un état de compte avec Intérêts de 24% à tous les administrateurs de la FPBQ qui sont les seuls garants de ce prêt ? » de dire M. Kheletter.


Un producteur laitier, M. Martin Scott, nous a fait parvenir la lettre qu'il a envoyée au ministre de l'Agriculture. Lui aussi refuse de payer « le prélèvement de 53,86 $ par bovins de réforme comme contribution spéciale pour le développement de la mise en marché, réclamé sous de faux prétextes. Ma décision d’agir ainsi me pénalise ou prive notre entreprise familiale de plusieurs milliers de dollars annuellement puisque La Financière Agricole du Québec coupe mes revenus provenant de l’ASRA ainsi que l’accessibilité aux programmes Agri-Stabilité et Agri-Investissements. Intimidation ! »
M. Scott termine sa lettre : « J’ose espérer que vous saurez me revenir rapidement et que vous tenterez d’obtenir, monsieur le ministre, auprès de KPMG les dénouements de l’enquête. »


Enquête KPMG sur Levinoff-Colbex


Au sujet de l'enquête de la firme KPMG sur l'abattoir, toujours pas de nouvelle. Le député Martel aurait aimé qu'un mandat plus large soit confié à KPMG. Même sur un mandat limité M. Martel trouve que c'est très long avant d'avoir un résultat. Le porte-parole de la CAQ ajoute : « Je ne voudrais pas avoir des doutes sur le pourquoi ça fait neuf mois qu'on attend ça ».