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L'UPA agite le doigt du lobbyisme

Jean-Pierre LEMIEUX ,

En devenant président de l'UPA du Saguenay-Lac-Saint-Jean, M. Mario Théberge a été clair : « les producteurs chercheront à informer et rencontrer les préfets, maires et députés pour que toute la région se mobilise et endosse la démarche de l’UPA ». C'est le site web nouvelleshebdo.com qui rapportait la nouvelle avec le titre : « L’UPA doit avoir des amis et des alliés ». http://ow.ly/JFhN305DtJc

En Beauce, lors de l'assemblée générale de l'UPA de Chaudière-Appalaches en octobre, le président Paul Doyon « a rappelé les attentes des producteurs de la région envers le gouvernement provincial »  http://ow.ly/JFhN305DtJc.

Une armée de lobbyistes

Pour faire passer son message, l'Union des producteurs agricoles peut compter sur de nombreux lobbyistes. Un examen du Registre des lobbyistes du Québec révèle que l'UPA a inscrit 27 personnes qui ont, au total 56 mandats qui touche l'agriculture de quelque façon (environnement, financement, protection du territoire agricole, l'accaparement des terres, la formation agricole dans les cégeps et écoles secondaires, le développement des ressources pour les régions, etc.).

Différents ministères sont visés, mais aussi les députés, les MRC et la Financière agricole. Ce lobby se fait principalement par des rencontres, des communications écrites ou appels téléphoniques.

En plus de l'organisation UPA, il y a 10 fédérations régionales qui sont inscrites au registre : 156 personnes qui se partagent 135 mandats. Par exemple en Montérégie c'est 48 lobbyistes avec 31 mandats, en Chaudière-Appalaches c'est 32 lobbyistes et 26 mandats.

Qui sont ces gens? Peu de détail sinon que les organisations doivent déclarer si les lobbyistes ont des charges publiques. C'est le cas de sept personnes : quatre sont ou ont été maires ou conseillers municipaux. L'un d'eux est préfet de sa MRC. Personne ne déclare recevoir une rémunération pour ce travail.

Le porte-parole de l'UPA, M. Patrice Juneau a confirmé à La Vie agricole que tous les gens inscrits sont des employés ou des élus de l'UPA, donc aucun intervenant externe ni aucune firme externe n'est impliquée, donc aucune rémunération. M. Juneau précise que : « Le remboursement des dépenses est donc en fonction des politiques en vigueur (frais de déplacement, etc.) ».

Une des données obligatoires à fournir lors de l'inscription au registre est de faire savoir si l'organisation reçoit du financement du gouvernement, des municipalités ou de leurs organismes. À ce chapitre, l'UPA énumère des sources de financement totalisant plus de 1 million $ provenant du MAPAQ, du ministère de l'Emploi, d'Hydro-Québec et de Patrimoine Canada (plus de 843 000$ dans ce dernier cas).

Pour l'Union paysanne le monopole de l'UPA c'est terminé !

Les deux organisations qui se présentent comme une solution de rechange à ce qu'ils appellent le « monopole de l'UPA » sont aussi au Registre des lobbyistes du Québec. Chacune de ces organisations a inscrit deux personnes avec un seul mandat qui vise exactement la même chose: permettre le pluralisme syndical.

Pour M. Benoît Girouard le résultat est net : « Si l'agriculture du Québec s'est gérée pendant quarante ans en vase clos et en bipartisme...c'est terminé ».  Le président de l'Union paysanne estime que : « Le rapport Pronovost en reprenant une large partie des constats et des propositions de l'Union paysanne a mis fin virtuellement au monopole de l'UPA ».

Notant que le Parti Québécois « peine à trouver son indépendance face à l'UPA » M. Girouard conclut: « Il ne reste qu'à officialiser ce qui est pourtant convenu comme inévitable pour la majorité: la fin législative et effective du monopole de l'UPA ».

Le CEA confiant d’atteindre son objectif sur le pluralisme agricole !

Pour M. Jacques Cartier, président du Conseil des entrepreneurs agricoles (CEA), le dossier avance et il voit comme une victoire l'étape franchie la semaine dernière par l'annonce au sujet du remboursement des taxes foncières qui ne sera plus assujetti au paiement de la cotisation à l'UPA.

Soulignant qu'il ne faut pas se fier au nombre de lobbyistes et aux mandats pour évaluer l'action du CEA. M. Cartier estime que les relations du CEA avec le gouvernement et les différents partis politiques sont très bonnes. M. Cartier demeure confiant d'atteindre son objectif.

Registre : https://www.lobby.gouv.qc.ca/servicespublic/consultation/ConsultationCitoyen.aspx?id=0