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Marcel Groleau en faveur du libre choix





par Yannick Patelli
Si Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles ( UPA), lors de son discours d’inauguration du congrès de L’UPA 2013, a reconnu que les deux dernières années ont été peu reluisantes pour le secteur des viandes, il a surtout mis l’emphase sur l’adoption de la politique de souveraineté alimentaire qu’il considère être un évènement même si à l’occasion de cette ouverture de congrès peu de bilans concrets pouvaient être présentés. Pour Marcel Groleau : ``Cette politique de souveraineté alimentaire est un défi et une opportunité pour les producteurs et une occasion pour les québécois de consommer local``. Il n’a pas nié qu’il y ait encore un grand défi à relever puisque 80 % des achats alimentaires se font encore en grandes surfaces alors que celles-ci ne donnent pas toujours la place aux produits locaux. On ne retrouverait actuellement que 33 % des produits du Québec dans nos assiettes. Marcel Groleau a rappelé la nécessité de privilégier les circuits courts.
L’agriculture plus importante que la culture !
La différence avec les autres secteurs pour le président de l’UPA ``C’est qu’en agriculture on n’épuise pas la ressource, on l’utilise``. Marcel Groleau s’est empressé de rappeler le poids de l’agriculture au Québec : `` C’est plus important que l’aérospatiale, plus important que les arts et spectacles et plus important que le marché immobilier``, de dire Marcel Groleau.
Il a rappelé que l’agriculture représente 1,3 milliard de revenu net au Québec, un revenu net supérieur à celui de l’Ontario. Une manière de démontrer l’efficacité du syndicat qu’il préside. `` Il faut maintenant reconnaitre l’agriculture pour sa performance`` a-t-il ajouté.
Pourquoi une SADAQ ?
Au-delà de la protection des terres agricoles, Marcel Groleau a parlé de la protection des activités agricoles et a rappelé les trois nobles mandats d’une Société d’aménagement et de développement agricole du Québec (SADAQ): un accès aux terres agricoles pour la relève, une consolidation des fermes existantes et la limitation de la spéculation financière.
En rencontre de presse avec La Vie Agricole après sa conférence il n’a pas nié que son économiste en chef siège au conseil d’administration de l’IREC, Institut de recherche en économie contemporaine, qui a écrit le rapport en faveur d’une SADAC. Il a juste souligné que l’UPA finance l’IREC et n’a pas directement payé pour l’étude de M. Jean L’italien qui démontre la nécessité d’une SADAC.
Le président de L’UPA veut surtout éviter que les terres agricoles deviennent des valeurs refuges pour des investisseurs qui n’ont pas de visée agricoles. Il a rappelé qu’en 2012 les terres ont pris 34 % de valeur et même plus de 50 % en deux ans.
L’ASRA, juste pour les fermes familiales : le débat est ouvert !
Alors que le congrès est présenté sous le thème : L’agriculture familiale, toujours vraie, il lui fallait bien évoquer le traitement des diverses productions avec l’assurance de stabilisation des revenus (ASRA). Marcel Groleau a d’une certaine façon pris quelques distances avec les intégrateurs.
Marcel Groleau a rappelé : `` Il faut maintenir un système de gestion et de sécurité du revenu qui permet d’investir. La façon d’appliquer l’ASRA depuis 2009 fait en sorte que les critères sont resserrés et le réinvestissement n’est pas là. Il faut que ces régimes-là ne soient pas la voie pour la contractualisation ou l’intégration. Mais j’ai rien contre si c’est un choix du producteur. Le mot clé c’est le choix !`` Sur l’ASRA, il a rappelé : `` Ça questionne le ministre la façon de verser l’ASRA et la société la pose aussi cette question.``
Lors de la rencontre de presse qui a suivi il a précisé à La Vie Agricole alors que nous lui posions la question si son discours cherchait à marquer une distance prise avec les intégrateurs. : `` Je le répète je n’ai rien contre l’intégration si c’est un choix. L’intégration ça peut fonctionner mais il faut que les deux contractants aient un certain rapport de force. Actuellement, il y a une certaine transparence dans la contractualisation qui fait défaut. Il faut ouvrir le dossier et la discussion en soulevant les questions qui nous sont posées. L’intégration a été présentée dans des journaux. C’est un fait et comme organisation agricole on doit répondre.``
Sur l’accord de libre-échange Canada-Europe
Il s’attend à des compensations du gouvernement canadien car dit-il : `` Ce que le gouvernement canadien a consenti est supérieur à ce que l’on gagne. Quand les fromages européens vont arriver, on va tasser les fromages québécois sur les tablettes.``
Une place pour tous les médias ?
Marcel Groleau avait initié son intervention devant l’assistance en rappelant que L’UPA travaille avec le monde coopératif agricole depuis toujours, et qu’il considère le MAPAQ et la Financière Agricole comme des partenaires au quotidien. Il a conclu en rappelant à tous l’importance d’écouter tous les médias : ``Chacun peut s’informer dans notre journal (on imagine pour lui, La Terre de Chez nous), les autres journaux et les sites internet``. Il a donc souligné l’importance de parler de tous ces sujets.
NDLR : La Vie Agricole a couvert cette année le congrès de L’UPA qui se tenait au centre des congrès de Québec les 3,4 et 5 décembre derniers

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