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Lait diafiltré: le plus grand mensonge politique et syndical

LVA ,

Cela fait plus de dix ans que la problématique du lait diafiltré est connue. La Vie agricole faisait d’ailleurs état dans des articles publiés en novembre 2015, il y a donc un an, que le cas de la somatropine ( hormone utilisée dans les troupeaux aux États-Unis dite STbr/BST) était discuté au Sénat au cours des années 90. Il s’agit donc du plus grand mensonge politique et syndical depuis plus de dix ans et cela continue sous l’ère Trudeau malgré les promesses de transparence émises par la sénatrice Céline Hervieux-Payette.

En août 2015: on jette du lait en Ontario et au Québec !

Le 28 août 2015, La Vie agricole dévoilait qu’on jetait du lait au Québec et en Ontario. Une source qui avait rejoint le journal déclarait : « Il se jette du lait écrémé en Ontario actuellement. Cela m’a été confirmé à deux reprises par mon président régional. Même mon camionneur qui passe chez nous m’a dit : `` On allait en Ontario. On n’y va plus. Ils ont trop de lait!``»

Luc Bournival, responsable des contrôles techniques à la Fédération des producteurs de lait (PLQ) a confirmé à La Vie agricole à cette époque qu’il se jetait aussi du lait au Québec, mais qu’il avait reçu l’ordre de ses supérieurs de ne pas en parler. Le mensonge syndical donc ! La première source anonyme qui avait rejoint le journal disait alors : « La Fédération ne contrôle pas grand-chose dans le lait. Je prétends même que Saputo et Parmalat rentrent  en masse du lait protéiné. Est-ce qu’on peut savoir s’il y a de la BST dedans?» Luc Bournival rappelait qu’aucune preuve n’existait pour insinuer que de la BST entre au Canada et que celle-ci est interdite.

Un autre mensonge politique et syndical que le lait !

Notre source faisait référence ensuite à un autre mensonge politique et syndical, l’abattoir Levinoff-Colbex, à la faillite retentissante de 90 millions de dollars: « On sait rien dans les champs. C’est comme l’histoire de l’abattoir Colbex. Et il y a des gens qui ne veulent pas qu’on parle.» Le mensonge syndical selon notre source s’explique par une seule chose, le jeton de présence : « Ce sont tous des ``Yes man``. La moitié vient là pour les jetons de présence. Je suis moi-même passé par une présidence régionale. J’ai vu».

En septembre 2015, Sylvie D’Amours dénonce le mensonge syndical !

Le 14 septembre 2015, la critique en matière agricole de la Coalition Avenir Québec (CAQ), après avoir assisté à la réunion de la Fédération des producteurs de lait (PLQ) à Lachute où  les producteurs ont commencé à se rebeller, lance un cri d’alarme dans La Vie agricole : « Je me demande pourquoi la vérité décriée par les agriculteurs ne se rend pas aux politiciens. Elle nous dira à propos de Bruno Letendre qui craint de voir déclarer le fromage comme ``produit dangereux`` s’il doit parler à Santé Canada pour informer de la possible présence d’hormones de croissance dans les substances laitières importées qui se retrouvent dans nos yaourts et nos fromages : « C’est n’importe quoi!».

Pour D’Amours, L’UPA ne travaille plus pour les producteurs

Elle suggère alors de faire une brèche dans la gestion de l’offre pour permettre l’achat direct à la ferme.  Elle dénonce elle-même le mensonge syndical : « L’UPA choisit ses batailles en fonction de son image et des relations qu’il entretient avec le gouvernement. L’UPA ne travaille plus pour  les producteurs.(…) Avec L’UPA du futur (…) c’est la propagande du provincial qui prend le dessus. Les agriculteurs n’ont plus de voix».

La fausse transparence de la sénatrice Céline Hervieux-Payette

Le 2 novembre 2015, la sénatrice Céline Hervieux-Payette confiait à notre journal concernant la gestion de l’offre: « Avec les conservateurs, c’était la grande noirceur ! Le gouvernement Harper contrôlait tout. Avec l’arrivée de Justin Trudeau, on aura le retour à la transparence!». Il semble que la transparence se fasse attendre.  Le mensonge politique continue.

Le Sénat mal informé par Santé Canada

Dans un article du 19 novembre 2015, La Vie agricole dévoilait que selon des rapports sénatoriaux des années 1998-1999, que la discussion à huis clos existait de longue date. Un extrait de rapport du Sénat disait : « Depuis plus de 10 ans, l’effet  à long terme de la STbr sur les animaux et sur l’homme fait l’objet d’une controverse. En 1990, Santé Canada a reçu la demande d’un fabricant qui voulait vendre la STbr au Canada».  La Vie agricole dévoilait alors que des témoins ont fait part de mauvaise gestion au ministère fédéral de l’Agriculture et des Forêts, de possibilité d’influence de l’industrie privée et de risque de conflit d’intérêts. Le comité sénatorial en 1999 déclarait avoir de la difficulté à recevoir de l’information de Santé Canada.

Un stratagème orchestré ?

Le 10 octobre dernier Benoit Girouard, président de l’Union paysanne nous confiait un scénario bien triste : « Le lait diafiltré c’est un pigeon lâché pour occulter le problème profond de la gestion de l’offre. Au final règlement ou pas, on va voir chuter le nombre fermes laitières. (…) Quelqu’un qui a œuvré dans l’industrie de nombreuses années m’a confié que c’est un scénario orchestré depuis plusieurs années par Valacta, La Coop fédérée, La Fédération des producteurs de lait (PLQ) etc. Cette caste vise à s’entendre pour dire que le modèle d’avenir c’est 250kg et plus et des fermes toutes robotisées plus proche des centres de distribution.»

Qui peut dire aujourd’hui si les informations émises par les instances en autorité sur le plan gouvernemental et syndical disent la vérité aux producteurs et aux consommateurs ?