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Legault attaque Paradis et se colle à L’UPA

Yannick PATELLI ,

François Legault, chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ) est arrivé hier tout sourire à la tribune du 92e congrès de L’UPA avec une anecdote qui a tout de suite entraîné la salle dans un fou rire collectif : « Je passe entre la présentation d’Amir Khadir et de Jean-François Lisée. Je me sens comme au milieu du lit entre deux futurs mariés!» Puis il a enchaîné sur l’importance de la création de la richesse, la seule solution pour le développement du Québec à ses yeux.

« Le nationalisme commence en créant de la richesse et en protégeant  notre identité donc nos régions et notre agriculture. Tourner le dos à l’agriculture, ce serait renier ce que nous sommes. Pour moi, l’important c’est d’investir. La richesse vient par le privé. On dirait que le gouvernement actuellement n’a pas de plan. Il veut consulter. Ce n’est plus le temps de consulter. Des résultats attendus en 2018, ce n’est pas sérieux. Le problème du Québec c’est la consultation aiguë. Là, il faut agir!», a-t-il déclaré.

« Depuis dix ans, l’agriculture n’a plus de ministre important et pourtant ça a déjà été le cas. Moi, je dis oui à la compétition à armes égales. Mais actuellement au lieu de vous aider, on est en train de vous nuire. Dans le programme du remboursement de taxes, j’ai vu des cas concrets qui vont de 20 à 100 % d’augmentation. La CAQ va vous appuyer là-dessus» a-t-il dit.

Investir et ouvrir les valves!

«Quand la CAQ sera au pouvoir, on votera un fonds de 50 millions de dollars pour rembourser la moitié des nouveaux investissements faits par les agriculteurs. Ce serait payant pour les agriculteurs et pour le gouvernement, car il y aurait de la création d’emplois. Sylvie D’Amours en a parlé à Paradis la semaine passée, il a dit non. Mais j’ai espoir, car les libéraux ont l’habitude de copier notre programme. Un gouvernement ne doit pas être gêné d’aider notre agriculture. C’est ce qui se fait ailleurs. Par expérience, je sais qu’au conseil des ministres, on obtient de l’argent quand on met le poing sur la table. Moi j’ai déjà présenté ma démission à l’Éducation pour obtenir de l’argent. Là, Couillard a trouvé son gars pour faire les coupures alors qu’il faut investir, ouvrir les valves» a déclaré M.Legault.

Sur les traités internationaux

« Ce n’est pas une bonne idée d’être contre les ententes internationales. On est 8 millions et les Européens sont 500 millions. Les accords sont bons pour plusieurs secteurs, mais il faut aider les fromagers et les producteurs de lait. Le Canada offre 350 millions alors que la perte sera de 1,5 milliard de dollars. Pour se battre à Ottawa, j’invite Couillard, Khadir et Lisée à se joindre à nous, tous ensemble»

Léguer un Québec prospère.

« L’agriculture c’est une vocation, car on ne veut pas voir le patrimoine de nos ancêtres s’envoler et il faut léguer à nos enfants un Québec prospère. Là, on a un ministre de l’Agriculture qui ne voit pas grand pour le Québec.»

Legault confronté au phénomène Pangea sans le nommer !

À la période de questions, Michèle Lalancette, président de la Fédération pour la relève agricole du Québec (FRAQ) lui a demandé, faisant référence, sans le nommer, à Charles Sirois (actionnaire de Pangea et ami de M.Legault), ce qu’il pensait de la compétition entre de grands financiers et des producteurs dans l’achat de terres ?

« La location à long terme c’est un moyen, mais moi je pense que le gouvernement doit être capable d’aider à financer des terres et fournir un financement adéquat pour être en saine compétition avec les investisseurs. Plus il y aura d’investissement et plus les terres vont encore augmenter. On ne peut pas être contre ça», a-t-il répondu.

Legault à l’aise avec le monopole actuel

À une autre question de la salle sur le pluralisme syndical alors que l’on sait que sa critique en matière agricole, Sylvie D’Amours, a déjà eu une ouverture à défendre le pluralisme syndical, il a préféré botter en touche en disant : « Sur le pluralisme syndical, il n’y a aucune proposition de changer la position actuelle. On garde ça comme ça. Ça fonctionne actuellement», se collant ainsi dans le courant traditionnel de la politique de prudence pour ne pas froisser l’organisation syndicale unique reconnue actuellement par la loi. Il est vrai qu’il aurait fallu beaucoup de courage et d’audace au chef de la CAQ, même si c’est ce que les électeurs attendent souvent d’un politicien, pour dire en plein congrès de l’UPA que dans son parti le pluralisme est loin d’être mis au rencart.