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L’UPA complice de la disparition du modèle québécois ! ~ Jean Garon

Jean GARON,

Quand l’UPA avec Jacques Proulx avait manifesté à Québec en compagnie de la Coopérative Fédérée pour réclamer que l’assurance-stabilisation des revenus agricoles dans le porc qui avait été réservée exclusivement à la production familiale indépendante soit accessible autant à la production intégrée qu’à la production familiale indépendante, j’avais compris que l’UPA trahissait ses origines et que le modèle de la ferme familiale indépendante n’était plus le modèle défendu par les grand acteurs agricoles au Québec.
L’UPA assiste “courageusement” et silencieusement à la disparition du modèle québécois de la ferme familiale indépendante au profit de son monopole syndical bureaucratique.


Faisant semblant de rien et sans débat, l’UPA changeait la dynamique en voulant donner les outils développés dans le porc pour le développement et l’épanouissement de la ferme familiale indépendante pour les mettre au service du monopole syndical de l’UPA et des intégrateurs privés et coopératifs comme la Fédérée. L’assurance-stabilisation des revenus agricoles avait été mise sur pied par le MAPAQ et le gouvernement du Québec parce que les risques assumés par la ferme familiale étaient considérables.


Sauf qu’aujourd’hui, c’est l’intégration qui est assurée alors que les intégrateurs privés et la Coopérative Fédérée sont des spécialistes du commerce des céréales qui ont fait élever des animaux à contrats parce que c’est la façon pour eux de s’assurer de vendre des céréales à leurs éleveurs agricoles sous contrat. Le gouvernement du Québec qui assurait la ferme familiale indépendante ne peut justifier en termes de justice sociale de donner les mêmes avantages aux intégrateurs privés ou coopératifs qu’à la ferme familiale indépendante. C’est socialement scandaleux et c’est à cela qu’a servi l’UPA en cessant de défendre la ferme familiale indépendante. Il faut appeler les choses par leurs noms.


En plus de s’endetter lourdement avec des dépenses de fonctionnement extravagantes, le gouvernement du Québec est déjà déficitaire, lourdement déficitaire, Et en même temps le gouvernement du Québec développe un modèle agricole indéfendable basé sur une intégration de l’agriculteur indépendant qui devient ainsi un employé de sa coopérative ou de l’intégrateur privé selon le modèle mis en place par les intégrateurs privés et coopératifs où l’agriculteur devient un employé soumis aux conditions de son contrat d’intégration par l’intégrateur privé ou coopératif.


L’assurance-stabilisation des revenus, réservée depuis la mise sur pied de ces programmes d’assurance-stabilisation aux propriétaires d’une ferme familiale indépendante, est devenue accessible aux intégrateurs spécialistes du commerce des céréales. Ces intégrateurs privés ou coopératifs fournissent les porcelets à élever, les céréales pour les nourrir, les médicaments, etc. Et le contrat entre l’intégrateur et l’agriculteur prévoit le montant du forfait payé pour élever le porc.


Et l’UPA n’essaie même pas de négocier pour l’agriculteur éleveur de porcs le montant du forfait. Le modèle québécois historique vient de prendre le bord. Le Parti Libéral avait changé le modèle au profit de ses amis de la caisse électorale. Et l’UPA n’a rien dit sauf qu’elle a essayé de faire croire qu’elle défendait toujours la ferme familiale indépendante qu’elle contribuait à faire disparaître. Si ce modèle continue à s’implanter au Québec avec la complicité de l’UPA, de la Fédérée et du gouvernement du Québec, l’agriculture familiale disparaitra comme on peut tuer une grenouille en la mettant dans une marmite remplie d’eau que l’on fait bouillir lentement. Et après un bout de temps, la grenouille mourra sans s’être aperçu qu’elle mourait.


Pour rejoindre Jean Garon: jeanrgaron@videotron.ca

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