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Le boeuf et le lait dans la balance

Yannick PATELLI,


Il semble que la nouvelle entente de libre-échange Canada-Europe privilégiera les bœufs de l’Ouest au détriment des fromages du Québec. Est-ce que le gouvernement Harper cherche à minimiser le poids du Québec en tailladant dans la gestion de l’offre ? Que feront l’UPA et son président lui-même originaire du ``monde du lait`` pour défendre les producteurs laitiers hormis que de dénoncer la situation dans des éditoriaux ? 
Nouvel accord : Les pour et contre ! 
Certains diront que les seuls gagnants québécois dans cette entente sont les grands transformateurs et intégrateurs très présents dans l’industrie bovine et porcine ? C’est dans un esprit d’inquiétude que le président de la Fédération des producteurs de lait, Bruno Letendre, a abordé l’annonce de l’entente Canada-Europe. Il a estimé au cours des dernières semaines dans différents médias que de couper entre 20 % et 30 % du marché au Québec pour le donner aux européens était inacceptable. 

La nouvelle dynamique avec l’accord Canada-Europe est vue par d’autres comme bénéfique pour le consommateur pour qui les fromages couteront moins chers parce que les producteurs auront accès à du lait à un prix plus bas. Certains font valoir aussi que les producteurs de porcs enlisés actuellement dans une situation morose vont vendre plus avec un accès à de nouveaux consommateurs 

Le bœuf plus lourd dans la balance ! 
Le Conseil industriel laitier trouve que le plus grave est que la production de fromage européen soit subventionnée ce qui crée un facteur d’iniquité dans le marché québécois. Le président de l’Association des fromagers du Québec (AFAQ), va même jusqu’à dire que c’est le sacrifice du fromage québécois au profit du bœuf de l’Ouest. Ce sentiment est partagé par l’ancien ministre de l’Agriculture, Jean Garon. Pour Garon, le président de l’UPA est coincé. Il devra défendre les transformateurs de viandes qui profitent de l’accord pendant que les producteurs de lait, milieu d’où il vient, se ``feront fourrer``. Pour Garon cet accord affaiblit le gouvernement québécois et l’UPA puisque la gestion de l’offre en prend pour son rhume. 

Discorde au gouvernement ? 
Pourtant le ministre des Finances et de l’Économie du Québec, Nicolas Marceau, s’est empressé de saluer cette nouvelle entente. Pour lui c’est l’accord de libre-échange le plus important depuis la signature de l’ALENA en 1994. Il voit cet accord bénéfique pour plusieurs secteurs manufacturiers : aluminium, produits pétrochimiques, véhicules récréatifs. Le ministre se fait aussi rassurant pour l’agriculture rappelant que les producteurs de viande pourront exporter plus de bœuf et plus de porcs. Pour le cas des producteurs laitiers, il a souligné que le gouvernement fédéral s’était engagé à verser des montants compensatoires. N’est-ce pas là aussi un système de subventions tel que décrié en Europe ? 

Et pendant ce temps-là François Gendron, ministre de l’Agriculture annonce qu’il est déçu de l’Accord pour les producteurs de fromages ! 

Quoi de neuf du côté de L’ex-Colbex ? 
Alors que l’accord de libre-échange dont tout le monde parle en ce moment sera au bénéfice des producteurs de bovins, il serait déplorable que le Québec perde son dernier abattoir. C’est à espérer que le groupe qui travaille à la relance de l’abattoir de Saint-Cyrille de Wendover en coopérative arrive à ses fins !

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