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«Aucun pays ne peut forcer le Canada à renoncer à la gestion de l'offre», Lino Saputo Jr

Simon BEGIN ,

La gestion de l'offre a trouvé un improbable défenseur en la personne de M.  Lino Saputo junior, vice-président et chef des opérations de Saputo, le géant canadien des produits laitiers.  Interrogé dans le cadre de la divulgation des résultats très positifs du troisième trimestre de son entreprise (octobre à décembre 2016), M. Saputo a déclaré «qu'aucun pays ne peut venir au Canada et imposer un nouvel environnement réglementaire (à son industrie laitière)».

M. Saputo faisait référence à la nouvelle administration américaine et à la volonté du président Donald Trump de renégocier l'accord de libre-échange nord-américain.  Selon lui, la principale menace vient des pressions que l'industrie laitière américaine fera pour dénoncer la nouvelle stratégie canadienne des ingrédients laitiers, plus particulièrement la nouvelle classe de lait destinée à concurrencer le lait diafiltré américain.

Dans le même souffle, M. Saputo a déclaré que ce débat n'avait aucun impact sur son entreprise puisqu'elle ira s'approvisionner là où le prix de la matière première sera le plus avantageux, au Canada ou aux États-Unis et ce, «en toute légalité».  Comme quoi on peut défendre la gestion de l'offre tout en ne se sentant pas concerné par elle

L'Accord Canada-Europe s'en vient

Lors du même événement, M. Saputo s'est dit convaincu que l'accord commercial entre le Canada et l'Europe sera conclu en février et entrera en vigueur dans la deuxième moitié de 2017, une fois que les quotas d'importation de fromage fin européen auront été alloués.   Indice de sa confiance à recevoir sa juste part de ces quotas, M. Saputo soutient que cet accord n'aura aucun impact sur la position concurrentielle de son entreprise au Canada qui demeure excellente.

Marge en hausse de 11% sur les fromages

Saputo a terminé son dernier trimestre avec un chiffre d'affaires de près de 3 milliards de dollars, en hausse de 2,2% sur la même période de l'année précédente.  La division canadienne a particulièrement bien fait avec une hausse de 5,4%  versus une baisse de 2,4 % du côté américain, même si cette dernière demeure la plus importante du groupe avec plus de la moitié de ses revenus.

Fait à souligner, le secteur qui a le mieux performé est la vente de fromage au Canada qui a connu une progression de 11% par rapport à des gains de seulement 4% pour l'ensemble de l'industrie.  M. Saputo a expliqué cela par la baisse du coût des ingrédients, des gains d'efficacité attribuables à des approvisionnements en hausse et au maintien de ses marges face aux distributeurs qui se sont livrés une forte guerre des prix entre eux.  L'accès au lait diafiltré américain n'a pas été mentionné explicitement, mais il est clair que cela a joué dans cette performance.

 

Crédit photo: Kelly Bames