RSS
Vue Mobile
| Abonnement | Journal virtuel

Accaparement des terres agricoles: un maire agriculteur réagit

Doris LANGEVIN ,

L’article portant sur l’acquisition des terres agricoles au Québec paru dans notre dernière édition a fait réagir le maire de Saint-Roch de l’Achigan, Georges Locas. Ce dernier réfute les chiffres avancés par le CIRANO quant à la diminution de nombre d’hectares de terres cultivées au Québec depuis les 25 dernières années.

M. Locas, qui est aussi producteur dans la région de Lanaudière, soutien que la diminution de 40 % de la superficie des terres agricoles ne reflète pas la réalité puisque seulement dans sa région, 4000 acres de terres de plus sont cultivées depuis 25 ans. «Nous comptons pas moins de un million d’hectares de terres arables en friche au Québec parce que nous ne pourrons pas écouler tous nos produits si nous exploitions tout le potentiel des terres québécoises», affirme-t-il encore.


Pour appuyer ses dires, M. Locas ajoute que le gouvernement a même été obligé d’imposer un moratoire il y a 10 ans afin de limiter l’exploitation des terres agricoles.


À titre de précision, puisqu’il semble y avoir également méprise quant au nombre d’hectares de terres exploités pour l’agriculture, il faut bien lire en milliers d’hectares: 5 746 milliers d’hectares en 1961, soit 5 746 000 hectares.


Les chiffres mentionnés dans l’article proviennent du rapport déposé par le CIRANO en février 2013, dont en voici un extrait et un tableau comparatif.


«La consolidation des fermes est une tendance lourde. Il s’agit d’un phénomène récurrent étudié depuis déjà plusieurs années et présent partout dans le monde. Il se produirait plus lentement au Québec, selon certains experts consultés, parce que les programmes de soutien à l’agriculture y sont plus généreux. Cela dit, la tendance demeure. Les chiffres présentés par la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Québec (CAAAQ) il y a quelques années à ce sujet sont éloquents (Pronovost 2007). Ils sont rapportés ici dans le tableau 4. On peut y voir que malgré un recul du nombre de fermes et des superficies occupées par les fermes au Québec entre 1961 et 2006, les recettes agricoles elles ont connu une croissance importante de près de 4500 %. Cela s’explique par un accroissement de la superficie cultivée par ferme de près de 270 %. L’apport en capital dans les fermes s’est quant à lui multiplié par un facteur similaire à celui des recettes. La superficie moyenne des fermes au Québec est donc près du double en 2006 de ce qu’elle était en 1961. Les terres en culture occupent quant à elles quatre fois plus de superficies et il en coûte aujourd’hui sept fois plus cher pour acquérir le capital nécessaire aux opérations agricoles d’une ferme moyenne.»