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À l’affût de Trump : « Qui sait s’il ne nous surprendra pas?»

Yvon PICOTTE,

Depuis le 20 janvier, le monde entier est à l’affût des faits et gestes du personnage récemment aux commandes des États-Unis. Chacun veut connaître les tweets matinaux de Donald J. Trump, préambules à l’implantation de son plan, de ses politiques et de ses actions à l’égard de ses opposants ou concernant sa vision de gouverner l’État américain. 

«USA First»

Réputé comme un homme d’affaires intransigeant et obstiné, il nous amène à revoir notre conception du rôle et du comportement d’un dirigeant politique. Comme il l’avait énoncé durant sa campagne électorale, il bouscule tout sur son passage et ne laisse personne indifférent. Un seul objectif le guide : redonner aux États-Unis sa place de choix sur l’échiquier international. «USA First», leitmotiv de Donald J. Trump pour guider ses actions au quotidien!

Pour y arriver, il pose, dès son entrée en fonction, des gestes qu’aucun observateur n’est généralement habitués d’analyser ou de commenter. Tantôt c’est une prise de bec avec le président chinois concernant le principe de la reconnaissance d’une seule Chine. Rien de moins. Une position qui ébranle les piliers du temple de la diplomatie américaine et qui provoque tout un remous à l’international en démontrant sa nouvelle approche et ses méthodes. Tantôt c’est l’abrogation d’un accord commercial âprement négocié avec onze pays signataires ou encore la volonté affirmée de renégocier une entente en vigueur depuis 1994. Renégociation avec deux partenaires dont l’économie est très dépendante de l’exportation de leurs produits aux États-Unis.

Les gestes posés, durant sa première semaine au pouvoir, sont de véritables bras de fer et de nature protectionniste afin de positionner les États-Unis sur la scène internationale. Un tel plan ne laisse présager rien de bon pour le Canada et le Québec comme le démontrent les pertes d’emplois annoncées à l’usine de GM en Ontario.

Quel impact sur le secteur laitier au Canada ?

Dans la foulée des gestes de leur président, les producteurs laitiers américains lui ont demandé le 13 janvier, un peu avant son assermentation, qu’il place dans son collimateur les pratiques «protectionnistes» du Canada dans ce secteur. Le président Donald J Trump sera-t-il enclin à utiliser un stratagème comparable à celui qu’il a pris avec le Mexique en imposant une surtaxe sur des produits cibles comme le bois d’œuvre ou les pièces automobiles afin qu’on se plie aux demandes d’un groupe de pression américain? Mais le président Trump, j’en suis persuadé, saura calculer l’impact de son action puisqu’une surtaxe se traduira également par un prix à payer pour les citoyens des quelque trente états américains où l’on exporte nos produits.

Perplexe face au gouvernement Trudeau !

L’attitude actuelle du gouvernement Trudeau me laisse perplexe puisque nos élus, fédéral et provincial, sont peu habitués au comportement d’un homme politique qui réfléchit et agit comme un homme d’affaires. Aux yeux du président américain, tout est négociable et, comme homme d’affaires, il est habitué d’en sortir gagnant. En politique, nous sommes plus familiers avec une approche axée sur une formule où tout le monde doit en sortir gagnant et où il faut ménager la chèvre et le chou. Dans les négociations à venir, l’ajustement de l’approche canadienne et québécoise m’apparaît inévitable.

Qui sait, s’il ne nous surprendra pas ?

Malgré ce qu’en disent plusieurs, il me semble que cette nouvelle façon de gouverner risque, à terme, de provoquer un changement réel sur le comment faire de la politique. Plusieurs dirigeants se sont présentés comme annonciateurs d’un changement, mais, dans les faits, n’ont rien bousculé durant leur passage au pouvoir. Cette prophétie du changement et de faire autrement, nous l’avons connu au Canada et, également au Québec, sans pour autant que nos gouvernements ni nos systèmes de santé et d’éducation s’en portent mieux. D’une politique à l’autre, les résultats ont été les mêmes. Je me dis qu’il est peut-être temps d’essayer une nouvelle approche en politique et, qui sait, elle pourrait avoir, le cas échéant, un impact positif sur la perception du citoyen à l’égard de ses élus. Laissons-lui la chance de faire ses preuves, qui sait, s’il ne nous surprendra pas!

 

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