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L'abattage au Québec donnerait une valeur ajoutée à la production bovine

Jean-Pierre LEMIEUX,

« La coopérative de bovin d'abattage du Québec est encore bien en vie ». Au cours d'une entrevue avec La Vie agricole, le trésorier de la coopérative, M. Sylvain Bourque, a expliqué qu'il « faut regarder en avant. Nous avons besoin d'une vision d'avenir au Québec ».

Cette coopérative a été créée en 2013 dans la foulée de l'échec de l'aventure Levinoff-Colbex. Les gros joueurs sont en surcapacité d'abattage en Amérique du Nord et certains en viennent à la conclusion qu'on n'a pas besoin d'abattoir au Québec pourtant M. Bourque n'est pas d'accord avec cette analyse.

«  Nous, on croit que ça prend un abattoir au Québec parce que cela donnerait une valeur ajoutée à la production bovine ». M. Bourque ajoute : « Une industrie qui n'a pas de capacité de transformation c'est une industrie qui reste fragile ».

Le but de la coopérative c'est de valoriser la production bovine au Québec question de traçabilité et aussi de développement durable. Faisant remarquer qu'au Québec on est très conscient de l'environnement, M. Bourque estime que puisqu'on se donne beaucoup de règles pour faire un produit de qualité « On pourrait en faire profiter au Québécois, c'est ce qu'ils réclament (animaux bien faits, bien produits, bien traités) ». « Mais on les exporte » déplore-t-il.

Pour M. Bourque : « Il y a tellement de choses qu'on ne peut pas contrôler que si on n'est pas un peu proactif et prévoyant on sera à la merci des autres. Un peuple qui n'est pas capable de se nourrir, de s'autosuffire, c'est un peuple vulnérable », dit-il.

Le but: vendre de la viande pas d'abattre des vaches

Sur l'échec de la reprise de l'abattoir Levinoff-Colbex, M. Bourque estime que « C'était une compagnie détenue par un syndicat qui voulait abattre 3000 têtes par semaine, mais la production du Québec n'était pas à ce niveau. Il fallait faire compétition sur le marché  ontarien contre les grands qui ont les moyens ». Autrement dit, selon lui, « Nous étions en position de faire la guerre sans avoir les moyens de faire la guerre ».

M. Bourque refuse de jeter un blâme : « C'était une décision collective ». « Notre vision, précise-t-il, c'est de développer un projet à long terme; c'est de vendre de la viande aux consommateurs pas d'abattre des vaches. Il faut se démarquer sur le marché par notre qualité incluant la traçabilité. On n'a pas de marque de commerce de viande au Québec, peut-être y en aura-t-il un jour? »

Abattoir coopératif

Le projet d'abattoir coopératif n'est donc pas mort ? « Non, ce n'est pas ça que je dis, c'est la coopérative qui n'est pas morte ». M. Bourque précise sa pensée:  un abattoir c'est une machinerie, au Québec il y en a encore des abattoirs. Le problème des petits abattoirs c'est d'être capable de s'approvisionner. Présentement ils doivent aller à l'encan encore en compétition avec les gros ». M. Bourque ajoute : « L'idée c'est que les membres de la coopérative vont fournir les partenaires » réduisant ainsi les intermédiaires.

Pour le trésorier, la coopérative est bien vivante, car, dit-il, « Elle peut compter sur encore plus de 400 membres (qui ont versé 1 000$) qui y croient encore ».

« On veut réécrire la manière de faire, finie la relation dominant- dominé, on veut travailler avec des partenaires. Quand il pleut, il pleut sur tout le monde. Quand il fait soleil, il fait soleil pour tous ». M. Bourque voudrait mettre fin au «picossage » chaque semaine  sur le prix des bovins.

Levinoff-Colbex : « Pendant qu’on se divise, il y en a d’autres qui s’organisent!»

L'aventure Levinoff-Colbex : « Comme producteur ça m'a coûté assez cher ».  « On a tenté de repartir Colbex sans succès, par manque de volonté politique », estime-t-il. Même chose dans la tentative d'achat de l'abattoir Viandes Laroche.

« Dans ce cas on va le faire de nous autres même, lance-t-il, sans les gouvernements. On va développer des partenariats d'affaires avec les gens du milieu ».

Très réticent à parler davantage de « l'affaire Levinoff-Colbex », M. Bourque se dit content « qu'on arrête de se chicaner », faisant référence à l'entente entre Les producteurs de bovins et l'Association de défense des producteurs de bovins. « C'est le temps de tourner la page » et il ajoute : « Pendant qu'on se chamaille, qu'on se divise, il y en a d'autres qui s'organisent ».

UPA versus Coop !

Cette coopérative n'est pas un projet de l'UPA. « Nous sommes tous dans l'UPA, plusieurs sont des administrateurs, mais l'UPA n'est pas impliquée. Nous sommes des purs et durs qui croyons en la mise en marché collective ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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