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Mine d’Oka: refuser de comprendre le gros bon sens!

Denise PROULX ,

La vision du développement économique du Québec doit évoluer. Il est insensé d’affaiblir une économie agricole dynamique d’une région pour y développer un autre projet basé sur les prémisses d’une époque révolue.

C’est le temps des sucres partout au Québec. À Oka, dans les Laurentides, c’est aussi le temps de se remettre à se battre contre le projet de la mine de niobium, pilotée cette fois-ci par la firme Ressources Éco-niobium et l’homme d’affaires Michel Gaucher. Ce même Michel Gaucher qui traîne avec lui des ententes non respectées, des centaines de travailleurs laissés «gros-jean comme devant», des procès de toute sorte depuis les vingt dernières années.

Ça fait 17 ans que la bataille dure à Oka contre la réouverture d’une mine de niobium qui a été abandonnée après moins de dix ans d’exploitation. 17 ans que les citoyens agricoles et non agricoles disent et répètent clairement, ce que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) avait confirmé en 2005,  que cette minière n’a pas de sens dans les plus belles terres productives de l’agriculture.

Pas de sens pour de multiples raisons très évidentes pour les populations d’Oka, de Saint-Joseph-du-Lac et de la MRC des Deux-Montagnes : la région des collines d’Oka, située à l’extrême ouest de la rive-nord, est le berceau alimentaire, forestier, touristique de Montréal et de ses banlieues nord et sud. Ce sont les Agropur, les Fermes Végibec, Trottier, la coop Naturpac, les vergers Lafrance, Lacroix, Lamarche, les Fromages du Verger, les cabanes et kiosques artisanaux qui accueillent des milliers de visiteurs durant la période des pommes et la saison des sucres.

Évidente, car la région est aussi le terrain de jeux de milliers de personnes : des cyclistes qui en aiment l’énergie sportive que la montée des collines leur demandent. Des centaines de citadins qui s’adonnent à l’année aux plaisirs de jouer dehors au parc d’Oka, le plus fréquenté des parcs québécois. D’autres qui préfèrent utiliser les nouvelles installations de l’Abbaye cistercienne d’Oka, devenue à la fois un lieu de recherches en agronomie, de villégiature et de ressourcement.

L’économie agricole de ce joyau nord-ouest de la Communauté métropolitaine de Montréal est prospère. Il s’y développe de nouvelles fermes originales, complémentaires à l’agriculture traditionnelle. La relève y est enthousiaste et motivée. L’agrotourisme en croissance. Au point que la cohabitation vélo, moto, auto, tracteur est devenue une affaire municipale à régler.

Cela Ressources Éco-Niobium et ses amis n’en ont rien à faire. Leur saison à eux est celle de l’argent, des profits à la Bourse, des promesses faites aux agriculteurs, visités l’un à la suite de l’autre, pour mieux leur rentrer dans la gorge sa vision de l’acceptabilité sociale.

La tactique utilisée est la répétition d’une stratégie d’une époque qui n’a plus rien à voir avec les enjeux du 21e siècle. Diviser pour mieux régner, utiliser les astuces du droit pour faire croire que les ententes signées sont légales. Elles ne le sont pas. Les avocats qui ont analysé le document l’ont dit : elles ne seraient pas défendable en Cour.

Il faudra à un moment donné que le gouvernement du Québec, le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles mettent leur pied à terre et disent c’est assez !

La loi sur les mines a beau avoir préséance sur l’agriculture, on n’arrive pas avec des idées de rêve dans une région pour tout chambarder. Surtout quand on connaît le meneur de ces idées sans bon sens.

Car quoi que fassent, quoi que disent les amis d’Éco-Niobium, la mine d’Oka n’a pas de sens et n’aura jamais de sens, dans une vision intelligente de l’aménagement d’un territoire.