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Le « El Niño côtier » au Pérou : un désastre social

Pamela Daoust ,

Au matin du 18 mars, Simon Laflamme a été rapatrié de Piura, au nord-ouest du Pérou, direction Lima, la capitale du pays. Avec les pluies torrentielles qui sévissent depuis la fin janvier, la situation a été jugée trop dangereuse pour maintenir en poste ce conseiller technique d’Oxfam-Québec, qui travaille en valorisation des ressources naturelles, dans le cadre du programme de coopération volontaire financé par le gouvernement canadien.

À Piura, plus de 20 000 personnes sont sinistrées, des milliers se trouvent isolées et huit personnes sont décédées. De plus, le risque de maladies transmises par l’eau est élevé et le système de santé n’a plus la capacité de répondre à la demande.

Certains y verront une catastrophe inévitable causée par les forces de la nature, mais, pour Simon, le désastre était prévisible et évitable : « Un phénomène El Niño tel que celui que nous vivons revient au Pérou tous les 15-20 ans. Le dernier a eu lieu en 1998, mais il n’y a eu depuis aucune planification territoriale. Des quartiers sont aménagés dans des zones connues pour être inondables et on y construit des habitations très précaires. »

Après 1998, le gouvernement péruvien s’est lancé dans une reconstruction marquée par la corruption et une préférence pour les centres urbains. Les périphéries où vivent les plus défavorisées n’ont pas été équipées d’infrastructures adéquates pour affronter les effets dévastateurs des grandes pluies. « Certaines routes qui relient des centaines de milliers d’habitants des secteurs ruraux au reste du pays ne comptent aucun pont. Les gens risquent leurs vies en les traversant dans un torrent d’eau assez fort pour emporter des autobus remplis de passagers. Les trottoirs sont inexistants ou complètement grugés par l’érosion. Les habitations sont construites au même niveau que la rue, qui elle, n’est pas équipée de canalisations pour évacuer les eaux de pluie. C’est une région où il n’y a pas besoin de désastre pour te rendre compte qu’il y a des trucs qui clochent, » explique Simon.

Oxfam au Pérou, par l’entremise de ses partenaires et avec l’appui de ses conseillers techniques comme Simon, travaille à conscientiser les différents paliers gouvernementaux au pays sur l’urgence d’investir dans les infrastructures afin de réduire les inégalités.

Soutenez les projets d’Oxfam-Québec au Pérou pour que les victimes des inondations puissent reprendre en main leur avenir !

www.oxfam.qc.ca