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Regard stratégique sur nos futurs échanges commerciaux

Pierre NADEAU ,

 

L’accord avec l’Europe n’est pas totalement bouclé. On y arrivera. On sait que le retrait du Royaume-Uni (Ru) de l’Union européenne (le Brexit) n’a rien changé à la position du Canada face à l’AECG. Il  a plutôt incité les parties à procéder le plus rapidement possible avant qu’il n’arrive d’autres imprévus de ce genre.  C’est avec le Royaume-Uni que nous avions le plus d’échanges commerciaux, soit 25% de tous nos échanges avec l’Union européenne (UE).  Il s’agit d’une perte nette pour le Canada après signature de l’entente.

Il faudra un jour, et probablement d’ici deux ans, signer une nouvelle entente séparée avec le Royaume-Uni. Le Canada devra-t-il faire de nouvelles concessions dans le domaine agroalimentaire en plus de celles déjà données à l’AECG alors que le Royaume-Uni y était encore membre? L’Écosse sera-t-elle dans deux ans: avec le Royaume-Uni indépendant de l’Union européenne ou avec l’Europe? C’est un petit pays et l’impact, dans un sens ou l’autre, sera minime.

Le Canada n’a pas de plan B, au cas où d’autres pays quitteraient l’Union européenne.  L’AECG ne contient rien à cet effet. Pourtant, selon des experts, les possibilités sont bonnes. On doit assumer que les concessions (pensez au fromage) faites par le Canada demeureront intactes même si d’autres pays importants quittent l’Union européenne. Il faudra y réfléchir.

Le Partenariat Transpacifique (PTP) est voué à l’échec à cause du retrait des États-Unis, mais nous savons également que plusieurs des pays fondateurs du PTP tentent de le raviver sous une autre forme. Si c’était le cas, les concessions existantes du Canada dans le domaine agroalimentaire referont-elles surface?  La logique permet de penser que oui. Pourtant, ces mêmes concessions pourraient être dans la mire de Trump pour la révision de l’ALENA. Si oui, l’impact sur la gestion de l’offre sera considérable.

Le Canada explore un échange commercial avec la Chine, un pays où la gestion de l’offre ne sera pas sur la table. La Chine importe ses produits plus qu’elle n’en fabrique. Nous en savons très peu sur ses pratiques commerciales, sur ses forces et ses faiblesses. Il y a un grand attrait pour le Canada d’intensifier ses relations commerciales avec la Chine. On n’a qu’à penser à sa population qui avoisine le milliard et demi de consommateurs. Les statistiques concernant la Chine dépassent notre imagination. Imaginez le succès si un seul produit bien identifié devenait populaire en Chine. Toutefois, il peut y avoir certains désavantages que nous devrons connaître.

Il y a d’autres pays qui intéressent le Canada comme partenaires économiques, notons  l’Inde et plusieurs autres pays peuplés d’Asie.

Dans le contexte d’une détermination du Canada de s’affranchir de sa dépendance économique des États-Unis, il devient évident qu’il poursuivra à court terme la recherche d’ententes commerciales avec le plus de pays possibles.

En se préparant en conséquence, plusieurs dans l’agroalimentaire pourront en profiter s’ils sont opportunistes pour trouver des alternatives à proposer au Canada pour limiter les dégâts dans ses futures négociations.