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Encore des routes pavées au Québec ?

Stéphane GENDRON,

Dans l’état actuel des finances publiques, il y a lieu de s’interroger sur le maintien ou non des routes pavées en bitume dans nos régions rurales. L’idée peut sembler saugrenue, mais elle est loin d’être folle. Au total, le Québec, c’est plus de 185 000 kilomètres de routes à entretenir. De ce nombre, la majorité relève du réseau routier local de juridiction municipale. Dans ce réseau particulier, le Ministère des Transports investit d’importantes sommes d’argent pour la réfection et l’entretien de nos rangs en régions rurales. Et pourtant, la faible densité de population, l’exode des populations rurales et le vieillissement de la population soulèvent quelques questions quant à la nécessité absolue de maintenir des routes pavées en bitume.

Quand on roule régulièrement en Ontario, en Alberta ou même dans la campagne américaine, il n’est pas rare de voir des « dirt roads » quadriller plusieurs municipalités. L’entretien se fait de façon saisonnière et les coûts sont largement diminués comparativement à la route traditionnelle en asphalte qui arrive à la fin de sa vie utile – comme c’est le cas pour des milliers de kilomètres de routes actuellement au Québec.  La « dirt road » est facile à entretenir. Un coup de gratte au printemps, un autre avant l’hiver, on bouche les trous, et le tour est joué. Au cours des 20 dernières années, plusieurs administrations locales en Amérique ont pris la décision d’abandonner le bitume et de retourner aux routes de gravel pour des raisons évidentes de coûts en immobilisation et en reconstruction.

Le pavage est-il essentiel? Non. Tant sur le plan environnemental que de l’efficacité, il existe peu d’avantages à maintenir des routes en bitumes. La route de gravel a aussi le bénéfice de réduire la vitesse des automobiles. Le faible coût d’entretien par rapport à l’asphaltage est indéniable. Évidemment, la décision de ne pas repaver des routes où les citoyens ont goûté à l’habitude du bitume n’est pas facile et demande un certain courage politique. Il revient aux élus municipaux de s’interroger et de faire l’exercice avec la calculette à la main. Entre un règlement d’emprunt de 1 million de dollars pour paver quelques kilomètres d’un rang qui va laisser une dette à long terme sur 25 ans, la décision devient tout à coup facile. Les paiements d’un emprunt de 1 million de dollars sur 25 ans pour quelques kilomètres de routes pavées entraînent des coûts annuels de financement d’environ 60 000$ par année, sans compter l’entretien de l’infrastructure. Entretenir une route de gravel coûte annuellement 1 000$ du kilomètre. L’analyse devient tout à coup séduisante pour le contribuable. On appelle ça « vivre selon nos moyens »…

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