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Oléoduc de TransCanada : pour et contre



Philippe Gamache, collaboration spéciale
En août dernier, l’entreprise albertaine TransCanada a annoncé son intention de convertir une partie de son réseau principal et construire un nouveau tronçon de 1460 km à partir de l’Ontario. Le tracé du projet Énergie-Est passerait par le Québec et sur toute la Côte-du-Sud jusqu’à Rivière-du-Loup pour ensuite se rendre à St-Jean au Nouveau-Brunswick. Un rapport sur les retombées économiques a été publié la semaine dernière par TransCanada. Ces retombées sont-elles aussi importantes qu’on le mentionne?
Ce type de projet suscite l’appréhension. Des regroupements ont déjà commencé à s’organiser pour informer la population de leurs inquiétudes environnementales face au tracé de l’oléoduc qui traverserait plusieurs municipalités de la région. Il est par contre évident qu’il existe des bénéfices économiques importants pour un tel projet.
Selon le rapport de la firme Deloitte, l’impact économique sur l’ensemble du Canada a été estimé à 35,3 milliards de dollars pour les phases de construction (durée de 6 ans) et d’exploitation (durée de 40 ans). Les retombées économiques du projet ont été calculées sur le produit intérieur brut (PIB), le nombre d’emplois créés et les recettes fiscales des gouvernements municipal, provincial et fédéral.
Au Québec, les retombées sont estimées à 3 milliards de dollars pour la construction et une somme équivalente pour la période d’exploitation. Pour la phase de construction, c’est le Québec qui en tirerait le plus d’avantages alors que pour la phase d’exploitation, c’est l’Ontario avec des retombées de plus de 10 milliards de dollars. Au niveau des emplois québécois, c’est 2 800 emplois directs qui seront créés durant la construction et 200 durant l’exploitation.
Toujours selon le rapport, les recettes fiscales propres au Québec se chiffrent à près de 1 milliard de dollars et presque autant pour l’exploitation. Ces retombées ne sont pas négligeables. Il faut également considérer que les retombées dans les provinces de l’ouest généreront également des bénéfices pour le gouvernement fédéral. Un projet de cette envergure profite à tous. L’exploitation du pétrole en Alberta génère beaucoup d’argent qui est redistribué par Ottawa dans le cadre du programme de la péréquation. Simplement rappeler que le Québec est l’une des provinces qui bénéficie le plus du programme et qu’une bonne part de ces sommes proviennent de l’Alberta.
À court terme, ces retombées seront bénéfiques. Un des objectifs est de diminuer la dépendance au pétrole étranger en fournissant un approvisionnement de 1,1 million de barils/jour aux raffineries de l’est du Canada dont celles de Montréal, Lévis et St-Jean. Actuellement, près de 92 % du pétrole raffiné au Québec est importé de pays étrangers, soit la proportion la élevée au Canada. Cette proportion est de 83 % dans les provinces de l’Atlantique.
À long terme, un élément peu mentionné mais qui risque d’affecter l’économie est la disponibilité du gaz naturel. Ce projet résulte de la décision de TransCanada de convertir un gazoduc actuel pour y transporter du pétrole brut. Si le projet Énergie-Est se réalise, les approvisionnements en gaz naturel au Québec et en l’Ontario diminueront de 40 %. Sachant qu’un nombre important d’entreprises québécoises utilisent le gaz naturel, il pourrait y avoir un impact négatif sur la compétitivité de ces entreprises et sur l’économie.
Une chose est certaine : le secteur de l’énergie est très présent dans nos vies et il est là pour rester peu importe la forme que l’énergie pourrait prendre dans le futur. Malgré le fait que nous souhaitons tous diminuer notre dépendance face aux énergies fossiles, la ressource est essentielle au développement de l’économie pour le transport et pour une foule de produits que nous consommons.
Source : Mallette, société de comptables professionnels agréés