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L’UPA dans le purin:Groleau continue sa justification sur Lait’Quitable !

LVA ,

Alors que le forum Lait’Quitable avait quelque chose de rebelle lorsqu’il a été initié pour dénoncer l’importation de lait diafiltré et réveiller L’UPA et la fédération des producteurs de lait (PLQ) «qui dormaient sur  la switch», voilà que deux ans plus tard c’est par ce médium que le président de L’UPA, Marcel Groleau, communique pour  justifier les rôles du syndicat et de la fédération auprès des producteurs. 

 

Voici ce qu’il a publié ce week-end : «La discussion est très intéressante. Voilà quelques points que je relève. Les principaux. Le prix n'est pas satisfaisant. Les transformateurs abusent du système. Le système de Gestion de l'offre ne nous rend plus service. Les administrateurs des PLQ ne font pas le poids. Les ententes internationales ont été mal négociées. Les ententes négociées par le Canada à l'OMC, avec l'Europe et les États Unis ont clairement affecté notre pouvoir de négociation en tant que producteurs de lait. Cela a empiré avec la possibilité de fractionner le lait. Avant le fractionnement du lait en composant, les tarifs sur le beurre, la crème, le lait, le yogourt, le fromage, la crème glacée et la poudre de lait écrémée faisaient la job. Les isolats de protéine sont apparus sur le marché dans les années 2000 et ils ont été classifié "nouveau produit" donc non apparenté à la poudre de lait écrémé, donc libre de tarifs si importé depuis les États Unis. La même chose s'était produite avec les huiles de beurre sucrées dans les années 90 pour ceux qui s'en souviennent. Les huiles de beurre sucrées remplaçaient la crème dans la crème glacée. À l'époque, On s'est battu jusqu'en appel au tribunal du commerce extérieur et on a perdu.»

L’Ontario n'aide pas à convaincre le Gouvernement d'agir sur le contrôle des importations.

Et il ajoute : «Alors oui, les ententes commerciales négociées ont affaibli notre pouvoir de négociation, et de plus, elles ont polarisé les positions entre le Québec et l'Ontario. La position de l'Ontario est claire; pas question de perdre du marché; on n'a qu'à être compétitif. Résultat : on a ajusté les prix pour récupérer le marché de la crème dans la crème glacée, et pour les protéines, même position. L'Ontario mise sur le volume et elle est tout à fait disposée à produire le quota du Québec si on n'est pas intéressé à le faire. C'est un point à ne pas oublier dans ce dossier. Vous comprenez que cette position de l'Ontario n'aide pas à convaincre le Gouvernement d'agir sur le contrôle des importations. Alors, bien sûr que les transformateurs utilisent la situation à leur avantage. Comment les en blâmer? Les PLQ, Bruno en tête on fait et font encore tout ce qu'il est possible pour minimiser la situation. Le groupe qui peut exercer un certain contre poids vis à vis l'Ontario est Les Producteurs Laitiers du Canada. Bruno a obtenu l'appui unanime des autres provinces à plusieurs reprises dans ce dossier. Le président des Producteurs Laitiers du Canada Wally Smith a fait des pressions suite aux revendications du Québec.

La pression politique durant la campagne électorale est l'œuvre du Québec. Rappelez- vous que l'on parlait de lait dia-filtré durant une campagne électorale fédérale. C'est à cause des pressions du Québec, l'UPA y compris.»

Le geste de M.Fabry ne fait qu’affaiblir l'organisation

Il conclut ensuite  en écrivant : «Maintenant, la question, que va-t-il arriver? Tout d'abord, les producteurs de l'Ontario tiennent à la Gestion de l'offre. Les pressions des États-Unis dans le contexte de la renégociation de l'Alena vont refroidir leur ardeur d'expansion à n'importe quelle condition. On devrait avoir un break. On a un bon contrôle des importations de matière grasse. C'est un atout très important. Je parlais de transition dans mon Premier message hier et c'est ce que je pense. Les produits Laitiers ont la faveur des consommateurs. Sauf pour la crème glacée, tous les autres produits sont en croissance ou stable sur une base de matière grasse. C'est vrai que nos prix vont fluctuer plus qu'avant d'un mois à l'autre ou d'une année à l'autre, mais on bénéficie d'une plus grande stabilité car on pool l'ensemble des marchés entre l'ensemble des producteurs. C'est possible que certains producteurs Européens, dans des marchés de niche aient un prix qui se rapproche du prix canadien. Ce n'est pas la norme. Celui qui vend chez Lactalis en France n'a pas le prix canadien même en incluant les paiements directs de l'état.  Pour finir, et ce sera mon dernier commentaire, le geste qu'a posé M Fabry hier ne fait qu'affaiblir votre organisation aux yeux du public, de l'État et des autres provinces. Associer ce geste à un acte de désespoir n'en change pas la portée. La cible n'est certainement pas la bonne si l'objectif est de faire bouger les choses. Je sais que ce message n'apaisera pas la colère de tous. Il apportera peut-être une meilleure compréhension des limites et contraintes que rencontrent les producteurs de lait du Québec dans leur négociation.

En tant que président de l'UPA, et ex-président des PLQ j'ai pris la liberté de livrer ce message parce que je sais à quel point Bruno et son équipe travaillent fort et que bien souvent, leur frustration n'a d'égale que la vôtre.»