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Pour conserver la gestion de l’offre: démontrer qu’on la mérite



Permettez-moi de vous présenter un sujet dont je ne comprends pas l’absence totale dans les débats actuels, même pas dans le super livre « Une crise agricole au Québec » (dont vous êtes un des auteurs), que j’ai découvert récemment et qui m’a tellement aidé par son tour d’horizon et son analyse. Ce sujet me tient beaucoup à cœur, et ce, même avant mon séjour de 20 ans à l’étranger, dont je ne suis revenu qu’assez récemment; durant ce séjour, je n’ai pas suivi de très près ce qui se passait ici. Le livre et votre magazine ont été une très belle découverte pour moi.

Il s’agit du problème de la structure des prix au consommateur des laits selon les différents % de graisse. En voici quelques grands traits :

‒ on sait combien la structure de prix est importante pour la compétitivité d’un secteur;

‒ il y a 20 ans, la RMAAQ a amélioré la structure des prix de la catégorie de laits pour laquelle elle est mandatée, mesure qui a coïncidé avec une intervention que j’avais demandée au Protecteur du citoyen (j’étais alors professionnel au MAPAQ);

‒ puisqu’il a été statué par l’État que c’est une telle structure de prix qui est souhaitable pour cette catégorie, logiquement, toutes les catégories de lait devraient profiter d’une telle structure;

‒ or, c’est bien loin d’être le cas;

‒ le résultat est que le secteur ne sait pas ce que veut le vrai marché et qu’encore au XXIe siècle, son 1er intérêt est la graisse du lait (c’est la base des quotas... ‒ n’est-ce pas comme si le saindoux était le 1er intérêt dans le porc?), alors que la raison d’être des produits animaux est la protéine;

‒ il semble ainsi que le secteur laitier dispose d’une avenue (remarquable?) pour améliorer sa rentabilité et il choisit de ne pas l’utiliser : trouvez l’erreur.

Se pourrait-il que, sous l’apparence d’une « banale » structure de prix, ce problème soit l’antithèse d’une économie durable, que le Québec dit tellement rechercher?

En contrepartie de la protection par la gestion de l’offre, le secteur devrait être requis d’appliquer de vraies bonnes structures de prix. Justement étant donné cette protection, il a la liberté de bouger de façon assez autonome pour son mieux-être et celui de toute la société, et n’a pas à suivre absolument ce qui se fait ailleurs. Démontrer ainsi à la Planète que la spécificité Gestion de l’offre que se donne le Canada permet aussi au pays d’être très à l’avant-garde… et tant mieux si de tels prix pouvaient être un exemple.

Je crois qu’en corrigeant cette situation, la filière laitière pourrait avoir une contribution encore bien meilleure à la société : nourrir la population avec un plus grand apport d’éléments nutritifs qui vont avec sa raison d’être; prospérité; lutte au réchauffement de la planète; occupation du territoire; etc.

Jean-Yves Godbout M.Sc. ‒ retraité