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Une vache mange de l’herbe et c’est naturel !

Nathalie GENTESSE, M.Sc., agr. ,

Les producteurs agricoles sont parmi les gens qui inspirent le plus confiance à la population. Ce sont les personnes qui remplissent notre garde-manger. Et justement, les gens se soucient de plus en plus de la manière dont sont traités et nourris les animaux d’élevage. Ils veulent être rassurés sur le fait que l’agriculture utilise des procédés qui protègent les sols, le bétail et les humains. Pour le consommateur, une vache mange de l’herbe et c’est naturel. 

Comment pouvons-nous soutenir la perception favorable de la majorité envers le lait qu’ils consomment? En n’abandonnant pas nos prairies au profit des champs de maïs ensilage.

N’allez pas croire que le maïs ensilage est un mauvais aliment! Au contraire, lorsque récolté à point, il complète très bien les rations à base d’ensilage d’herbe. Sa faible teneur en potassium en fait un aliment de choix pour les vaches avant le vêlage et son niveau énergétique élevé est pratique pour combler les besoins des vaches en lactation. Mais, comme pour toute chose, le succès est dans l’équilibre et non dans l’excès.

Le maïs ensilé, lorsque servi  en trop forte proportion dans la ration, est responsable de multiples contraintes. Une telle ration pourra nécessiter l’ajout de plus de supplément protéique, de sources de protéines moins dégradables et même de lysine protégée pour corriger ses lacunes. On peut dire que plus il y a de maïs ensilage dans la ration laitière, plus la ration nécessitera des ingrédients qui ne sont pas produits sur la ferme et qu’il faudra acheter à l’extérieur.

Au contraire, la ration plus riche en ensilage d’herbe, plus équilibrée pour la majorité des nutriments requis par la vache, ne demandera qu’une faible supplémentation en ingrédients non produits sur l’entreprise.

Le risque d’acidose augmente proportionnellement à la quantité d’ensilage de maïs dans la ration si les niveaux d’amidon ne sont pas analysés et pris en compte dans la formulation. Il faut aussi savoir que l’efficacité à stimuler la rumination de la fibre NDF du maïs fourrager atteint seulement 90% de celle de l’herbe. On observe régulièrement des taux de gras significativement plus bas que la moyenne avec les rations mal équilibrées contenant des excès d’amidon ou un manque de fibre. On pensera alors à inclure une substance tampon pour tenter de contrôler artificiellement le pH trop acide du rumen. Il faut aussi tenir compte de la faible teneur en calcium, en magnésium et en potassium de l’ensilage de maïs comparativement aux besoins des vaches en lactation et compléter avec les prémélanges minéraux appropriés.

Même si la récolte de l’ensilage de maïs suppose moins de casse-tête que la récolte de l’herbe puisqu’elle est réalisée en une seule journée, avec une seule étape de fauche avant l’entreposage, évitons de tomber dans l’excès.

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