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L’influence par la proximité

Pierre NADEAU ,

Récemment on a écrit et parlé du pouvoir de l’UPA surtout suite à la course au leadership du Parti Conservateur et la défaite du candidat Maxime Bernier. Il y a toutefois deux aspects méconnus, mais biens réels, du pouvoir de l’UPA : son personnel  nombreux et sa politique de proximité.  

Un ancien sous-ministre du MAPAQ se plaisait à dire en privé que l’UPA avait plus de personnel de bureau que son propre ministère, sans compter tous les « volontaires » membres des nombreux  conseils d’administration de toutes les denrées  de l’UPA qui reçoivent des per diem (compensations) pour leur participation aux CA et nombreux  comités. Pendant ce temps, la totalité des employés du même type dans toutes les denrées de la transformation alimentaire au Québec, c’est-à-dire, les employés équivalents dans un milieu associatif, ne dépassaient pas 25 personnes et ce, sans compter les nombreux volontaires qui participaient aux conseils d’administration à leurs propres frais, c’est-à-dire, en laissant le soin à leurs entreprises de payer avion, déplacement, repas et hébergement.

La proximité de l’UPA avec des fonctionnaires œuvrant dans le domaine alimentaire m’a toujours apparu tellement serrée que peu ou pas d’autres industries l’auraient acceptée.  Toutefois, il y a eu des changements positifs depuis les 10 dernières années attestant du désir de l’UPA et surtout du MAPAQ d’améliorer leur gouvernance et par le fait même leur perception publique.

Peut-être le plus évident était la Régie des marchés agricoles et agroalimentaires du Québec qui avant les années 2010 choisissait  plus de 50% de ses régisseurs auprès d’anciens de l’UPA. Il y a moins de 10 ans, j’ai même connu un régisseur qui a travaillé à l’UPA un vendredi soir pour se retrouver assis à son bureau de régisseur le lundi matin suivant. Cette nomination avait été confirmée peu après le refus du gouvernement de toutes les recommandations du secteur de la transformation qui souhaitait par ce seul choix améliorer la connaissance de la Régie pour son industrie. Quand on est tricoté serré il ne reste plus de place pour les autres. Aujourd’hui, les régisseurs de ce tribunal quasi judiciaire et indépendant semblent être des fonctionnaires de carrière et je ne suis plus certain si on demande  encore l’approbation tacite de l’UPA avant de les nommer.

Le conseil d’administration de la  financière agricole n’est plus majoritairement composé de membres de l’UPA mais son influence demeure particulièrement tentaculaire ce qui témoigne d’un  pouvoir plus subtil et plus astucieux. Encore aujourd’hui, je pense qu’aucun projet de la transformation ne serait accepté à la Financière à moins de l’approbation ouverte ou tacite de l’UPA. J’en ai déjà vécu l’expérience. Aucun Président ou Vice-président de cet organisme ne pourrait y figurer sans cette même approbation.

Le MAPAQ devenu le MUPAQ ?

Depuis longtemps, le MAPAQ choisit plusieurs de ses sous-ministres et sous-ministres adjoints parmi les organismes de proximité de l’UPA, soit la Financière, d’anciens de l’UPA ou du Centre d’insémination artificielle (CIAQ), bref, en provenance d’organismes dont les membres ont  des liens étroits avec l’UPA et du personnel « déjà approuvé » par l’UPA.  En partie à cause de cette proximité,  la transformation alimentaire du Québec s’amusait à d’écrire le MAPAQ comme le MUPAQ, soit le ministère de l’UPA du Québec.