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Après le paradis, est-ce l’enfer ?

Yannick PATELLI ,

Il est sûrement exagéré de comparer la gouvernance de Pierre Paradis et celle de Laurent Lessard l’une comme étant le paradis et l’autre l’enfer. Mais tout de même, ils sont nombreux les acteurs du monde agricole à critiquer l’inaction soudaine du MAPAQ depuis l’éviction de Pierre Paradis du 200, chemin Sainte-Foy ! Alors que le Sommet de l’Alimentation nous a été vendu comme la grande messe qui permettrait le grand débat sur l’agriculture et l’agroalimentaire, le défilé des déçus s’agrandit de jour en jour. 

L’institut Jean-Garon dès l’arrivée de Laurent Lessard soulignait l’illogisme d’avoir un demi-ministre à l’Agriculture puisqu’il cumule aussi le mandat du ministère des Transports. En bref le message était clair, qu’il préfère le train ou le tracteur, il faudrait que le ministre choisisse et s’investisse dans un des secteurs: Les deux ne sont pas en manque de défis !

Y’a quelqu’un qui ne fait pas sa job !

Plus on approchait du 3e volet du Sommet de l’Alimentation et plus les critiques pleuvaient en mai dernier: Le président des Producteurs de grains du Québec, Christian Overbeck, dénonçait, juste avant l’évènement,« au sein du document du MAPAQ des informations erronées et incomplètes en ce qui a trait aux pesticides», Dominic Lamontagne, auteur du livre La ferme impossible et l’un des parrains de l’Institut Jean-Garon a publié une lettre d’opinion intitulée : « Le MAPAQ se fout de ma gueule» alors qu’on interdisait selon lui le vrai débat libre lors du Sommet. En conclusion de la rencontrée lévisienne il ne semblait pas adouci lorsqu’il a fait parvenir à l’ensemble de la presse une autre lettre intitulée : « Le temps des bouffons!».

L’Union paysanne a clairement dit, quant à elle, qu’elle boycottait le 3e volet pourtant dédié aux producteurs par manque d’intérêt au Sommet pour la diversité agricole. Le Conseil des entrepreneurs agricoles était bien représenté par son président Jacques Cartier lors de la journée en question, mais l’enthousiasme qui régnait lors des deux premiers volets semblait bien envolé.

Seule l’UPA semble aujourd’hui se réjouir en partie de cette consultation et pourtant c’est bien l’UPA qui jugeait l’exercice inutile il y a encore quelques mois. Y a-t-il eu des négociations secrètes pour mener à un tel revirement de situation ? Il faut tout de même souligner la note d’espoir entendue lors du discours de Claude Lafleur, invité d’honneur de la journée des producteurs, lorsqu’il a évoqué la nécessité d’ouverture.

Entre un ministre les pieds dans l’eau plus souvent que les deux mains dans la terre ces dernières semaines, des «syndicats» officieux plus silencieux que jamais, un syndicat officiel plus marionnettiste que jamais, il ne faut pas s’étonner que des producteurs se lancent dans des actes isolés, mais ô combien symboliques pour l’ensemble de la profession comme celui qu’a entrepris Michel Fabry lorsqu’il a décidé d’inonder le siège social de l’UPA de purin, pour ne pas dire de merde !