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Vive le syndicalisme libre !

Jean GARON ,

(Où ce sont les futurs syndiqués qui choisissent leur syndicat et son avenir dans le cadre des lois.)

Le statut d’agriculteur est une chose et devenir syndiqué en est une autre. C’est au gouvernement du Québec et au Ministère de l’Agriculture de déterminer qui est producteur agricole et a accès aux programmes agricoles du MAPAQ et dans quelles conditions. Puis, il appartient à ces producteurs agricoles de choisir s’ils veulent faire partie d’un syndicat et lequel.


Ce n’est pas au syndicat de dire qui a accès aux programmes du Ministère de l’Agriculture. Le syndicalisme obligatoire ne peut mener qu’à des abus et n’est pas souhaitable. C’est aux agriculteurs eux-mêmes de décider s’ils veulent être représentés par un syndicat qu’ils auront eux-mêmes choisi.


Le gouvernement doit assumer son rôle, c’est à lui de déterminer lui-même quels agriculteurs ont accès à ses programmes. Ce n’est pas la carte de membre du syndicat qui donne ce privilège. C’est pourquoi, le gouvernement du Québec et son Ministère de l’Agriculture doivent dire quels sont les producteurs agricoles qui ont accès à ses programmes, au crédit agricole, à l’assurance récolte et à l’assurance stabilisation des revenus. Ce n’est pas à l’UPA de jouer les grands manitous et le MAPAQ ne doit refiler cette fonction et cette responsabilité à personne d’autre. C’est aussi au gouvernement du Québec à décider que la gestion de l’offre s’applique aux agriculteurs du Québec. Ce n’est pas à l’UPA qui essaie toujours de faire croire que ces fonctions lui appartiennent alors qu’elles dépendent du gouvernement du Québec qui doit dire comment il veut les faire exécuter sur son territoire et comment cela se fera. L’UPA, ce n’est pas le gouvernement du Québec et chacun doit assumer sa fonction sans faire croire ni laisser croire à un rôle qui n’est pas le sien. Ce n’est pas l’UPA qui donne la gestion de l’offre aux agriculteurs mais le gouvernement du Québec et celui du Canada qui ont voulu qu’elle s’applique au Québec et au Canada.


Quant à l’assurance stabilisation des revenus que j’ai aidé à mettre en place, dans la plupart des productions où elle s’applique au Québec aujourd’hui, lorsque j’étais le Ministre de l’Agriculture, je ne suis pas près d’oublier qu’elle a été mise en place pour les fermes familiales indépendantes, pas pour l’intégration qui ne paie pas assez cher ses producteurs à contrat et pour lesquels l’UPA a oublié de négocier de meilleurs forfaits de production pour les producteurs intégrés qui doivent payer des cotisations à l’UPA. Mais quels services au juste si l’UPA ne négocie pas leurs contrats à un prix forfaitaire plus élevé?


Enfin, il faudrait que la carte de producteur agricole qui permet d’avoir accès aux programmes du MAPAQ soit administrée par le MAPAQ lui-même puisqu’elle a pour principale fonction de donner accès aux programmes du MAPAQ. Ce ne devrait pas appartenir à l’UPA d’administrer la carte de producteur agricole parce que cela le mettrait dans une curieuse de position pour choisir le syndicat auquel il doit pouvoir adhérer librement. Le syndicalisme monopolistique et obligatoire n’a pas sa place aujourd’hui. Tout cela ne peut éventuellement mener qu’à des abus, comme le démontre la Commission Charbonneau.


Le MAPAQ doit jouer son rôle de dirigeant gouvernemental et cesser de s’abriter dernière l’UPA dont la fonction n’est pas la même; Car L’UPA n’est pas le gouvernement. Et les agriculteurs québécois doivent pouvoir voter librement pour ceux qui les représenteront sans interférence: c’est ça le syndicalisme démocratique.


Des années de laxisme ont mené à cette situation qui n’est pas souhaitable. Rappelons-nous quand l’exécutif de l’A.S.R.A. avait été constitué par la nomination d’un grand nombre de membres de l’UPA: c’était vraiment le sommet du ridicule, mis en place par un gouvernement qui comprenait mal ses fonctions. Il y a un prix à payer pour ces excès d’incompétence gouvernementale.


C’est pourquoi, il faut revenir aux règles de base du fonctionnement démocratique et que le gouvernement du Québec soit aussi capable d’assumer ses responsabilités.