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Ambiguïté éthique à la direction des Éleveurs de porcs du Québec

Camille Tremblay-Antoine ,

Des enjeux de réelle représentativité et de conflit d’intérêts ont secoué la direction des Éleveurs de porcs du Québec alors qu’un nouveau conseil d’administration est élu à la tête de l’organisation.

En avril dernier, David Boissonneault, président des Éleveurs de porcs du Québec ainsi que Jean Larose, directeur général de la même organisation, ont été vus dans la loge d’Olymel S.E.C. à une partie de hockey des Canadiens de Montréal. À cette période, les Éleveurs de porcs du Québec négociaient avec Olymel les prix d’abattage pour les producteurs faisant partie de la fédération.

Cette situation a suscité des questionnements et plusieurs réactions du côté des producteurs porcins quant à la réelle représentativité des dirigeants des Éleveurs de porcs ainsi qu’à leurs objectifs.

Boissonneault s’explique brièvement à l’AGA

Lors de l’Assemblée générale annuelle des Éleveurs de porcs du Québec, M. Boissonneault a expliqué qu’il persiste toujours des difficultés dans la filière de la production porcine, dont la difficulté à établir un prix juste pour tous pour le porc au Québec.

Le président sortant a expliqué ces difficultés par le fait que la production a fortement élevé dans les dernières années aux États-Unis, ce qui a fait diminuer la valeur générale du porc, le prix québécois étant basé sur celui américain. Également, M. Boissonneault explique que le surplus de porc à l’automne dernier a causé l’effondrement des prix du porc vivant, entraînant « un déséquilibre au niveau des revenus des acheteurs par rapport au revenu des producteurs ».

L’ancien président des Éleveurs de porcs québécois explique son invitation à la loge d’Olymel à la partie des Canadiens par des objectifs strictement professionnels.

« C’est des relations que nous avons presque au quotidien avec nos acheteurs. À cette période-là, […]on s’apprêtait à aller à la Régie des marchés agricoles, donc on avait l’occasion de rencontrer les trois hauts dirigeants d’Olymel. On a profité de cette occasion-là pour les rencontrer, pour avoir accès à eux. » - David Boissonneault

À ce moment, M. Boisonneault explique que les Éleveurs de porcs du Québec voulaient présenter deux enjeux devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec , soit l’exemption de l’Abattoir de Lamarche d’un article de la Convention de mise en marché des porcs ainsi que l’application d’une clause au niveau du transport des producteurs.

Le président sortant affirme avoir difficilement accès conjointement aux trois dirigeants d’Olymel, en raison de la grosseur de cette entreprise.

Discuter de l’éthique au CA

David Boissonneault assure que Les Éleveurs de porcs du Québec discuteront des questions éthiques lors de représentations pour l’organisation : « Ce sont des enjeux de représentation à des endroits qui peuvent être questionnables et je sais qu’il y a un point, au prochain conseil d’administration, où on va établir des règles s’il y a des questionnements pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’ambiguïtés. »