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Cohérence

Nathalie GENTESSE, M.Sc., agr. ,

Il arrive à tout le monde de laisser trainer une situation problématique. L’abondance d’informations qui affluent peut facilement rendre perplexe puisqu’on y trouvera tout et son contraire pour régler le cas qui préoccupe. Prises une à une, la plupart des pistes de solution semblent logiques. Alors, pourquoi attendre avant d’agir? Pourquoi cette incertitude? Ou alors, pourquoi entrer dans une spirale d’essais et erreurs, d’essais partiels dont la méthode et les résultats ne nous satisfont pas?

En fait, l’action choisie pour régler le problème nous contentera seulement si elle est alignée sur nos valeurs et sur nos objectifs. Encore faut-il s’être posé la question et y avoir trouvé une réponse.

Prenons Jean. Sa priorité est claire : obtenir un revenu familial décent, faire des profits. En second, il  vise une qualité de vie pour passer plus de temps avec sa famille. Les objectifs de chaque ferme peuvent être très différents et avec des ordres de priorités bien personnels.

Jean s’est ensuite demandé comment y arriver et il a défini de grandes lignes, des points incontournables à maitriser. Pour lui, le maintien d’une bonne production de lait, avec des coûts modérés, de bons rendements des prairies et une bonne santé du troupeau sont les clés du succès qu’il vise.

Pour  chacun de ces points, il a identifié les meilleures cibles d’actions. Par exemple, pour favoriser la santé de ses vaches, Jean a identifié  que la prévention des maladies métaboliques au vêlage est un point critique sur sa ferme.  L’acétonémie et les fièvres du lait mériteront le plus d’effort de prévention dans son troupeau.

Le plan de prévention des fièvres de lait prévoit agir sur deux critères : l’utilisation de fourrages faibles en potassium et l’équilibre des rations en calcium et en magnésium.

Le fait d’avoir réfléchi aux objectifs de la ferme, en traçant un arbre des points critiques et des actions à poser devient rapidement un outil de travail incontournable. D’abord, il clarifie les idées, rend plus objectif et moins émotif en situation de crise. Deuxièmement, il améliore la cohérence des décisions et des actions.

Pour l’exemple de la prévention des fièvres du lait, Jean s’est rendu compte qu’il a toléré un facteur de risque important en sous-estimant la quantité de foin riche en potassium qui était consommé par les vaches taries. Son plan de travail l’amène à instaurer une validation plus régulière des quantités d’aliments consommés par les vaches taries. Ensuite, la solution immédiate est d’utiliser d’autres aliments disponibles, plus pauvres en K, tel qu’un autre foin ou plus d’ensilage de maïs. Pour l’an prochain, il choisit de réserver des prairies spécifiques à la culture de foin plus pauvre en K pour les vaches taries. L’achat de fourrage à l’extérieur de sa ferme ne correspondant pas à ses valeurs, il l’envisagera seulement en dernier recours.

Chose certaine, écrire des objectifs qui correspondent à nos valeurs renforcent la cohérence des actions et l’efficacité de la ferme.