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Le secteur des grains manque de transparence: 70% des délégués sont des administrateurs

Jean-Pierre LEMIEUX ,

Comme 70% des délégués à l'AGA des Producteurs de grains du Québec de mars 2016 étaient des administrateurs des différentes associations ils ne pouvaient pas voter librement, car  assujettis au Code d'éthique et de déontologie de l'UPA. Ce serait pour ça, entre autres, que la pénalité de 0.50$/tonne métrique imposée comme incitatif pour que tous les producteurs envoient les renseignements demandés au SRDI, est passée si facilement.

 

C'est l'argumentation présentée le 20 juin dernier devant la Régie des marchés agricoles à Saint-Hyacinthe, par Vincent Kelhetter. Le producteur a déploré le manque de collaboration pour obtenir la liste des producteurs de grains. Diane Vincent, qui prédisait la session de la Régie, a précisé que la demande était pertinente, mais la Régie estimait que ce n'était pas à la fédération de fournir cette liste.

Donc M. Kelhetter a dû faire des demandes signifiées par huissier à tous les offices de producteurs pour obtenir la liste des délégués qui sont aussi administrateurs. « J'ai dû me battre pour obtenir une information qui aurait dû être publique ». M. Kelhetter a ajouté : «  Il me semble clair que la transparence n'est pas l’apanage des offices de producteurs ».

Pas un vote libre selon Kelhetter

Selon lui cet exercice n'a pas été inutile : « Si jusqu'à tout récemment on pouvait présumer que la majorité des délégués ne pouvait pas voter librement en leur âme et conscience à l'AGA, les producteurs de grains de 2016, nous en avons maintenant la preuve écrite » estime-t-il.

Selon les listes fournies, « J'ai la preuve qu'il y avait 174 délégués sur 247 présents qui étaient également des administrateurs d'offices ou de syndicats locaux ». M. Kelhetter fait aussi remarquer le faible taux de participation. Les Producteurs de grains du Québec c'est 11 000 producteurs regroupés dans 14 syndicats.

Code d'éthique

Pour étayer sa preuve, M. Kelhetter a cité quelques articles du code d'éthique et de déontologie (code non disponible sur le web) notamment : « L'administrateur s'assure que ses prises de position publique ne sont pas en opposition avec les orientations de la fédération et de l'union ». Selon son interprétation c'est pour ça que la volonté de l'Union passe toujours. C'est aussi pour ça qu'il aurait perdu un poste d'administrateur de son syndicat. M. Kelhetter militait au sein de l'ADPBQ ( association de défense des producteurs de bovins du Québec) pour contester la contribution de 53.86$ imposée pour  régler l'affaire Levinoff-Colbex.

La présidente Mme Diane Vincent a demandé à M. Kelhetter s'il voyait d'autres cas où son interprétation pouvait se vérifier. Le producteur a cité le cas de M. Roland Daneau qui a dû démissionner « en raison de son appartenance à un groupe dissident ». http://lavieagricole.ca/1802/

Réaction d’Overbeek

Pour sa part le président des Producteurs de grains, M. Christian Overbeek, n'est pas d'accord avec l'interprétation de M. Kelhetter.

« Je pense que vous avez mal saisi la portée du code d'éthique. Vous interpréter d'une façon erronée la portée du code d'éthique ». Questionné par La Vie agricole durant la pause du midi, M. Overbeek n'a pas souhaité en dire plus.

Autre document

La décision de la Régie n'est pas pour bientôt. Les Céréaliers du Québec ont demandé à Producteurs de grains un autre document : ils veulent savoir combien de producteurs fournissent toute l'information demandée pour le Système de recueil et de diffusion des informations (SRDI).

Ces données ne font pas l'objet de rapports actuellement selon les Producteurs de grains. Ils prépareront un document qui sera déposé au cours du mois de juillet.