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Plus de subventions pour les producteurs laitiers japonais!

Richard Smith, correspondant à Tokyo ,

Les fermiers laitiers nippons vont probablement recevoir plus de subventions et autres formes d'assistance du gouvernement japonais suite à une entente de principe convenue entre le Japon et l'Union européenne (UE) pour un Accord de partenariat économique (APE). En effet, l'UE a exigé des barrières tarifaires pour le fromage, inférieures à celles convenues pour le défunt Accord de partenariat transpacifique (APT) -29,5 pour cent pour le fromage mou, très prisé par les Japonais, comme le camembert et le mozzarella et dont la production japonaise souffrirait de la compétition européenne, et élimination des tarifs sur le fromage dur tel que le gouda, bien moindrement consommé-, alors qu'à l'origine, le Japon refusait d'aller plus bas.

Le riz plus fort que le lait

Mais puisque presque toute décision du Japon de signer un accord commercial avec d'autres pays se fonde sur sa volonté d'accroître ses exportations d'automobiles, ce que l'UE a concédé, il fallait bien que le Pays du Soleil levant cède sur le fromage. D'ailleurs, alors que la décision du gouvernement japonais d'entrer en négociation afin de se joindre à l'APT a soulevé de forts tollés dans le secteur agricole, les agriculteurs japonais n'ont aucunement protesté contre les négociations sur l'APE avec l'UE. Il faut remarquer d'ailleurs que, selon les statistiques du ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche, il y a (à fins commerciales) en ce pays 952 684 producteurs de riz, l'aliment de base primordial en cette partie du monde, tandis que seulement 17 000 fermes produisaient du lait l'an dernier. Ces dernières ont donc un poids politique bien moindre

Sérieuse absence de relève au Japon

1 345 000 vaches (en comptant celles en non-production), presque toutes de race Holstein, ont produit 7 393 715 tonnes de lait au Japon en 2016. La production laitière du pays est concentrée dans la grande île septentrionale de Hokkaïdô qui, avec 785 700 vaches en production ou non, réparties sur 6 490 fermes, a donné 3 471 648 tonnes l'an dernier, donc 53 % du total. Alors que la superficie moyenne d'une ferme laitière au Japon est de 29,13 hectares, celle à Hokkaïdô seulement est de 81,16 hectares. La production laitière du reste du pays est principalement destinée au lait de commerce, mais celle de Hokkaïdô est en principe vouée à l'industrie du beurre. Comme cette dernière denrée est cependant au bas des priorités quand vient le temps d'allouer la production laitière aux différentes industries par les coopératives agricoles et autres groupes (10 à travers le pays) désignés par le gouvernement auxquels les producteurs vendent leur lait, l'on a souffert dans les dernières années de pénuries de beurre qui ont été palliées par des importations spéciales. Autre difficulté: Afin de répondre à une demande accrue pour la viande de boeuf, une part grandissante du cheptel fait maintenant le chemin vers l'abattoir. Plus fondamental encore, il y avait bien 417 600 fermes laitières au Japon en 1963, mais le secteur souffre de nos jours d'une sérieuse absence de relève. L'autosuffisance en produits laitiers n'était que de 62 % en 2015.

Selon des chiffres avancés par Madame Claire Deronzier, déléguée générale du Québec à Tokyo, les principaux pays qui exportent des produits laitiers au Japon sont les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, Singapour et l’UE. En 2015, les États-Unis, l’UE et la Nouvelle-Zélande contrôlaient le marché du yogourt et du babeurre avec respectivement 44 %, 37 % et 17,5 % des parts du marché. La Nouvelle-Zélande était le principal fournisseur de beurre au Japon avec 62 % du marché, suivie de l’UE (30 %) et l’Australie (3 %). La Nouvelle-Zélande était aussi le premier exportateur de lait concentré, avec 44 %du marché, suivie de l’UE (29 % et l’Australie (17 %). Les États-Unis exportaient le plus de lactosérum et de produits laitiers naturels avec 25 %du marché, suivis de l’UE (22,5 %) et Singapour (16 %). Enfin, pour le fromage, c’est l’Australie qui en a vendu le plus au Japon, avec 32 %du marché, puis l’UE (28 %) et la Nouvelle-Zélande (21%).

Peu d’intérêts au Japon pour les produits laitiers québécois

Les produits laitiers québécois sont peu en demande au Japon par comparaison au porc et au sirop d'érable par exemple, rapporte Mme Deronzier. Le Québec n'a exporté ici l'an dernier que pour une valeur de $27 000 de produits laitiers. Le commerce n'a été important qu’entre 2009 et 2013, où les ventes de produits laitiers du Québec au Japon ont varié entre $350,000 et $2,4 millions. "Le fromage et le lactosérum (du Québec) ont connu un certain succès entre 2010 et 2012, dépassant ensemble $2 millions d’exportation, possiblement à cause d’une pénurie locale d’ingrédients nécessaires à l’industrie fromagère au Japon," explique Mme Deronzier.

Crédit-Photo: Association des fermiers laitiers japonais