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Entrée de fromages européens au Canada: Les détaillants sont sur leur garde

Denise PROULX ,

La part des nouveaux contingents d’importation de fromages européens accordés par le fédéral aux détaillants alimentaires ne fera pas que des heureux, estime l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ).

La décision fédérale d’accorder aux détaillants et distributeurs de fromages 50% des contingents d’importation disponibles avec l’accord économique commercial global avec l’Europe (AÉGC) met tout le secteur sur ses gardes. Or, il est probable que les Costco et Walmart installés au Canada fassent bien des démarches pour s’accaparer la grande part de ce nouveau marché.

« Je suis heureux qu’il y ait un partage avec des petits détaillants, mais notre inquiétude c’est que ces géants mettent la main sur tous les quotas disponibles.  D’autant plus que la demande de quotas devra être faite par les propriétaires des magasins associés aux enseignes IGA, Metro ou autres. Ce n’est pas évident qu’ils auront la capacité et le temps de le faire, d’autant plus que ces ententes exigeront l’embauche d’un vérificateur », explique Pierre-Alexandre Blouin, président-directeur général de l’ADAQ.

L’organisation entend faire beaucoup de travail de diffusion d’informations et de communication pour s’assurer qu’un équilibre soit établi entre les grands détaillants et les petits.

« Nous nous appuyons sur nos produits québécois et nous voulons continuer à le faire. Pour nous ce qui compte, c’est que tous les détaillants qui le souhaitent y auront accès », poursuit le pdg.

Gros défis

De son côté,  Jacques Lefebvre, le président-directeur général de l’Association des transformateurs laitiers du Canada (ATLC) parle d’une occasion manquée par le fédéral.

« Les détaillants vont contrôler toute la chaîne d’approvisionnement et mener une compétition à nos fromages d’ici  qui n’auront pas nécessairement les moyens de se payer les frais de listage, les frais de placement sur les tablettes, les frais de marketing, ce qui coûte en moyenne 100 000$ par produit. Sans compter tout le démarchage nécessaire avec les Européens, tout aussi exigeant », énumère-t-il.

Il déplore que le lobbying des grands détaillants ait été accepté par le gouvernement fédéral sans que ce dernier fasse une analyse fine de la portée complète des mesures qui en ont découlées.

« Nous explorons de fournir des mécanismes d’appui aux petits producteurs, transformateurs et détaillants pour minimiser les impacts négatifs. Mais ce serait de bon aloi que le fédéral revoie la procédure d’attribution des contingents avant la période prévue de cinq ans. Ce sera essentiel si nous voulons conserver un secteur laitier robuste », complète-t-il.