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Utiliser le web pour la mise en marché bio en région

Jean-Pierre LEMIEUX ,

Pour tous les producteurs la mise en marché est cruciale. Pour les petits producteurs bio en région le défi est de taille. Aucun ne peut y arriver seul. La solidarité s'impose et c'est ce que tente de mettre en place plusieurs organismes communautaires.

 

À L'Islet-sur-Mer, l'organisme Terra terre (http://www.terra-terre.ca) a mis en place une solution : le Marché solidaire L'Islet-sur-terre, une plateforme web qui fait le lien entre producteurs et consommateurs.

La solution du « marché public » a un bon succès en ville mais en région peu peuplée c'est beaucoup plus difficile à implanter. L'une des coordonnatrices de Terra Terre, Mme Cati Morin explique : « Nous avons fait l'expérience deux années mais ce n'était pas satisfaisant pour les producteurs ». Les producteurs devaient se déplacer avec beaucoup de produits pour une journée entière et espérer que les consommateurs soient au rendez-vous, avec une température favorable, puis repartir avec les invendus!

Le web: une solution

La solution: des producteurs offrent leurs produits sur le web (www.lisletsurterre.ca) à partir du troisième vendredi du mois. Les clients (adhérents) ont jusqu'au mercredi suivant pour placer leur commande. Les produits sont livrés le quatrième jeudi du mois lors d'un marché public « momentané » d'environ deux heures. Ce marché solidaire est ouvert 12 mois par année.

De cette façon les producteurs savent qu'ils ne se déplaceront pas pour rien. Pour le moment et selon la saison c'est entre 25 et 30 producteurs qui offrent près de 500 produits (viandes, légumes, farine, fromage de chèvre, etc). Mme Élise Massuard coordonnatrice en charge du marché estime qu'après « 18 mois d'activités, nous comptons 250 adhérents et entre 30 et 45 commandes par mois », ce qui représente, ajoute-t-elle , des ventes de 3 000$. Les producteurs peuvent continuer de vendre sur les marchés qu'ils ont déjà développés et dans leur boutique à la ferme.

Mme Massuard explique que « cette initiative est l’aboutissement d’une longue réflexion à la suite d'une collaboration étroite de Terra Terre avec les producteurs et transformateurs locaux et la Coopérative la Mauve. Nous avons bénéficié de l’accompagnement professionnel de la Coopérative La Mauve, de l’aide financière d’Active-toi et de la Caisse Desjardins L’Islet-Nord pour le démarrage de ce projet ».

Une nouvelle employée assistera Mme Massuard dans la réalisation d'un « plan de développement du marché sur le territoire de la MRC, ce qui nous a permis de demander et d’obtenir une subvention du Fonds de développement des territoires de la MRC de L’Islet afin de nous soutenir dans la réalisation de notre plan ».

Déjà Terra terre a annoncé l'établissement d'un tel marché à Saint-Jean-Port-Joli sur le même modèle, cette fois le deuxième jeudi du mois. Mme Massuard indique que des démarches seront entamées pour appliquer cette solution dans d'autres municipalités de la MRC.

La plate forme web a été mis au point par http://www.locavora.org. La démarche a été inspirée d'une expérience française  « La ruche qui dit OUI »  (https://laruchequiditoui.fr/fr)

Pour les coopératives, le web est un moteur de l'économie locale

Pour la Coopérative La Mauve (http://www.lamauve.com)  qui a pour mission d'augmenter la disponibilité des produits locaux, la solution de marché collectif est moins lourde à mettre en place qu'une coopérative et mieux adaptée pour les régions peu peuplées.

La coordonnatrice de La Mauve, Mme Marie Lacasse explique que « ce modèle favorise les petites fermes qui sont des moteurs de l'économie locale ». Ce sont les objectifs de La Mauve : développement du territoire et protection de l’écosystème.

L'agriculture biologique ou l'agriculture écologique? « Nous à La Mauve nous faisons une différence. Tous les maraîchers sont certifiés bio ». De plus, pour Mme Lacasse, « le bio fait une énorme différence dans l'entretien de la terre ».

Quant aux produits bio réputés être plus chers, Mme Lacasse estime que la question se pose différemment. Elle a remarqué que les jeunes familles font de plus en plus ce choix sans d'abord penser aux prix. Mme Lacasse souligne aussi le progrès des produits biologiques auprès des personnes aînées qui pensent plus « santé ». « La question d'argent se pose moins, c'est plus leur choix de vie » ajoute-t-elle.

Pour les municipalités, la souplesse est un gage de succès

Bien consciente que le « marché de solidarité » n'est pas une « solution magique » Mme Lacasse estime que la souplesse est un gage de succès.

Le monde municipal pourrait en faire plus. « Ça serait bien d'intéresser plus le milieu municipal parce que c'est un enjeu de santé publique aussi » dit-elle.