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Réactions à la 3e ronde de négo de l’ALENA: Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ?

Denise PROULX ,

Que la ministre Chrystia Freeland n’ait pas soufflé un mot sur l’agriculture et la protection de la gestion de l’offre en compagnie de ses homologues nord-américains n’inquiète pas la majorité des observateurs du milieu. Ce serait signe, selon les Producteurs laitiers du Canada, que le dossier n’est pas jugé prioritaire par les pays. « C’est ça qu’on veut », a déclaré en entrevue à La Vie Agricole, leur porte-parole Isabelle Bouchard.

Donc, pas de nouvelles, bonnes nouvelles, poursuit-elle.  Par contre, il appert que les discussions avancent sur plusieurs articles du commerce agroalimentaire entre les trois pays. Le mardi 26 septembre dernier, le média Real Agriculture du Manitoba rapportait que les États-Unis ont introduit un «texte consolidé» sur l'agriculture, compilé à partir des présentations individuelles des trois pays. « Les négociateurs ont travaillé jusqu'à 11 des 18 articles dans le texte de l'agriculture ce mardi », a dévoilé une source au média.

Questions réglementaires

Tout indique que les discussions portent à ce jour sur les questions réglementaires: «Nous allons sortir d'Ottawa avec des crochets, mais cela ne signifie pas que des progrès significatifs n'ont pas été réalisés. Je pense que nous avançons», complète le président de Cereals Canada, Cam Dahl, à Real Agriculture.

Ce dernier voit des avancées entre les pays sur l’harmonisation des règlements portant sur les intrants utilisés en agriculture, l’approbation de variétés céréalières et la réglementation environnementale.

Pas encore question de la gestion de l’offre

« On s’attend à tout moment à ce qu’il y ait des demandes (supplémentaires), nous ne nous berçons pas d’illusions. Mais pour l’instant, la question du lait ne fait pas partie des discussions », ajoute Isabelle Bouchard.

Dans le secteur du poulet, la délégation américaine a énuméré des sujets qu’elle souhaite aborder lors des prochaines négociations. Il y est largement question de la poule de réforme. Le Canada n’aurait pas abordé, quant à lui, l’épineux dossier du reporté des centaines de millions de dollars en droit de douanes non payés par les exportateurs de poulet américains.

« Tout ne nous est pas révélé. Et les Américains ne nous ont pas fait de demandes formelles, rien de front. Nous sommes souvent réunis avec les autres représentants de la gestion de l’offre. En ce qui nous concerne, nous trouvons que la collaboration est excellente. On discute avec les négociateurs canadiens tous les jours », déclare le président des Producteurs de poulet du Canada, Benoît Fontaine, un éleveur de poulets et de dindons de Champlain.

Ce dernier est particulièrement fier du député bloquiste Simon Marcil qui a fait adopter une motion unanime à la Chambre des communes, pour la protection « intégrale » de la GO.

Un danger réel

« Avec la gestion de l’offre, les producteurs ne se sont pas assez préoccupés de trouver des alternatives et des solutions de rechange, en voyant ce qui se passait ailleurs. Ça nous rattrape », prévient le président de l’Institut Jean-Garon, Jean Pronovost.  « Tout dépendra de ce que nos négociateurs vont pouvoir défendre. C’est une affaire de troc, on donne habituellement, lorsqu’on est assuré de recevoir en retour. Si les Américains veulent des assouplissements à la gestion de l’offfe et que ce soit la seule façon d’obtenir des gains pour le secteur automobile ou le secteur des céréales de l’Ouest, c’est possible que des choix politiques soient faits », craint-il.

Enfin, La Vie agricole a demandé des entrevues à messieurs Marcel Groleau, Martin Caron et Bruno Letendre qui lui ont toutes été refusées, arguant leur manque de disponibilité.