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Politique alimentaire française et québécoise, quels sont les comparables ?

Yvon PICOTTE ,

Le Québec n’est pas seul à se préoccuper de la vitalité de ses secteurs agricole et alimentaire par le biais notamment de son Sommet. Prévu le 17 novembre prochain, ce Sommet devrait fournir l’occasion au gouvernement de dessiner, selon l’expression consacrée, la future «Politique bioalimentaire du Québec».

La France tient également, de son côté, sous l’impulsion de son nouveau président, des États généraux de l’alimentation. Les travaux du gouvernement français se sont amorcés en juillet dernier et se poursuivent jusqu’à la fin novembre. Force est de constater que les dates de fin des deux exercices coïncident, mais on est en droit de se demander si, pour autant, les résultats seront identiques! Au final, je ne crois pas que les résultats seront les mêmes compte tenu de la différence dans l’approche, dans les thématiques abordées et dans les modalités de fonctionnement.

Un des objectifs poursuivis par le gouvernement français est de permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes. Cette préoccupation, elle est également partagée ici par de nombreux agriculteurs et éleveurs qui produisent plus souvent qu’autrement à perte et qui, de plus, doivent faire face à une concurrence accrue venant de pays étrangers.

Lors de ces assises tenues en juillet dernier, plusieurs mesures ont été proposées par les différentes parties prenantes, dont celles des grands distributeurs de produits alimentaires et des fédérations agricoles. Selon les informations disponibles, les grands distributeurs et les fédérations agricoles auraient conclu depuis, un accord. En effet, les grands distributeurs paieraient plus cher aux agriculteurs et, en contrepartie, ils hausseraient d'un certain pourcentage le prix d'achat afin de prendre en compte, outre la logistique, tous les frais de mise en marché. D’autres mesures émergent aussi des discussions publiques comme celle d’un prix d'achat basé sur un prix moyen de production, ce qui inciterait les agriculteurs se situant au-dessus à faire des efforts de productivité.

Les solutions avancées jusqu’à ce jour me semblent simples pour ne pas dire simplistes, car, au final, il m’apparaît évident que, peu importe ce qui sera convenu entre les parties, la facture sera refilée aux consommateurs. Mis à part le grand distributeur et les grandes chaînes d’alimentation pour qui de telles solutions sont à coût nul, personne n’en sort gagnant, ni le producteur agricole ni le consommateur.

J’ose espérer que les résultats seront différents ici et que nous saurons tirer des leçons de la consultation actuelle en France, où chacun reste bien campé sur ses positions. Pour cette raison, j’invite à nouveau tous les participants au Sommet à faire preuve d’ouverture notamment les syndicats agricoles afin qu’ensemble, on trouve une façon à nous de transformer les modèles actuels de production. Une façon originale pour mieux répondre aux attentes des consommateurs et pour permettre à tous les agriculteurs de vivre dignement de leur travail, et ce, peu importe le modèle de production auxquels ils souscrivent.