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ALENA: Quel jeu joue l'UPA?



Pour comprendre la position de l'UPA face à la renégociation de l'ALENA aussi bien que de la CETA et de toutes les ententes de libre-échange, il faut comprendre qu'il y a deux UPA : celle du Lait, dernier refuge de la ferme familiale, et celle du Porc, royaume de l'intégration.

L'UPA du Lait craint pour sa gestion de l'offre et le rempart fragile de la catégorie 7 de lait diafiltré canadien; celle du Porc et des productions sous intégration privée ou coopérative veut pouvoir exporter à son goût. La volaille, les œufs, les céréaliers, eux, sont « aux deux », tirant à la fois de la gestion de l'offre et de l'intégration : ils sont « big ».

En fait, depuis les années 90, c'est simple:  l'UPA est pour le libre-échange et elle joue le jeu. Avant 1990, elle faisait partie de la Coalition québécoise d'opposition au libre-échange (CQOL); depuis son virage pour la conquête des marchés, avec Laurent Pellerin, elle refuse de se joindre au Réseau québécois sur l'intégration continentale (RQIC) qui regroupe les centrales syndicales et les organismes de la société civile qui s'opposent à un libre-échange qui ne profite qu'aux gros, détruit les petits et dépossède les pays de leur souveraineté. L'UPA, de la Vache comme du Cochon, se vend au plus offrant. Dans l'entente Canada-Europe, elle se réjouit pour le bœuf, le porc et le sirop d'érable, elle réclame des compensations pour les fromagers. Et ainsi de suite. C'est ce qu'on appelle une attitude «affairiste ». Les fonctionnaires de l'UPA appelle ça : une « position équilibrée » : elle ferme les frontières pour le Lait et les ouvre pour le Porc; autant dire une position néo-libérale, capitaliste.

Soyons clairs : l'UPA n'a pas de conscience politique, pas plus d'ailleurs que de conscience syndicale, même pas comme la CSN, même pas comme la FTQ qui font tous deux partie du RQIC. L'UPA est en affaires, elle fait des affaires, elle fait de l'agrobusiness, elle n'a que des intérêts. Et les agriculteurs, dans l'étable ou dans le champs, n'ont pas grand chose à dire là-dedans : ils se sentent impuissants, c'est pas eux qui décident, surtout les petits qui travaillent 7 jours par semaine.

Roméo Bouchard