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Les États-Unis réclameraient la fin de la gestion de l’offre d’ici 10 ans

Denise PROULX ,

Diverses sources indiquent que les Américains demandent la fin de la gestion de l’offre d’ici 10 ans dans les secteurs du lait, des volailles et des œufs, avec entre temps, une ouverture des marchés canadiens de 5% par année. Les organisations sont sous le choc.

En entrevue dès sa descente d’avion de Washington, le président des producteurs de poulet du Canada, Benoit Fontaine a qualifié les demandes américaines concernant le poulet de « démesurées, exagérées, outrageuses, au point de ne même pas servir de point de départ pour (démarrer) les négociations ».

Il considère les demandes américaines tellement grandes, qu’elles ne peuvent même pas plaire aux industriels du poulet américain qui risquent gros : « Le marché américain possède déjà un accès à 7,5% du marché canadien, qui en plus augmente au fur et à mesure que la production canadienne prend de l’expansion. Nous sommes leur 2e plus grand marché d’exportation de poulets, suivi du Mexique. Je serais surpris qu’ils veuillent risquer de (perdre) le moindre kilo», a-t-il confié à La Vie agricole.

Pour sa part, la CBC rapporte que les demandes américaines dans le lait se situent à une échelle dix fois plus élevée que celles accordées dans le cadre du Partenariat TransPacifique. On se rappellera que le Canada avait concédé sur 19 ans d’abandonner 3,25%de ses parts de marchés aux profits de producteurs laitiers étrangers.

Sans surprise

Le président des Producteurs laitiers du Canada, Pierre Lampron, a précisé qu’il n’est pas surpris par les demandes américaines : « Comme les demandes faites dans d'autres secteurs, elles sont extravagantes. Ce serait la fin de la gestion de l'offre. Nous ne considérons pas la gestion de l'offre comme étant sur la table de négociation. Le premier ministre et son cabinet ont clairement exprimé leur soutien et leur volonté de défendre l'industrie laitière et la gestion de l'offre. Nous restons confiants qu'ils resteront fidèles à leur parole», nous a-t-il dit.

Groleau n’en dit rien

Dans un commentaire publié lundi en après-midi sur sa page Facebook, le président de l’UPA, Marcel Groleau ne parle pas de ces informations qui étaient connues pourtant depuis dimanche soir, selon des sources.

Il confirme seulement dans un premier temps, ce que La Vie agricole rapportait antérieurement, à savoir que les discussions entourant les réglementations et le volet phytosanitaire avançaient bien : « Ce volet est particulièrement intéressant pour le secteur végétal (ex. maraîchers et grains) et le secteur des viandes. » ,écrit-il.

Il ajoute par la suite: « L'autre voie sur laquelle se déroule la négo est dictée par l'administration Trump. Les demandes qui émergent sur ce front n'ont rien à voir avec la modernisation de l'ALENA, mais plutôt avec le courant très protectionniste de cette administration. Sur ces demandes, les négociateurs américains n'ont que le mandat de les déposer. Elles ne sont pas négociables. »

On se souviendra que vendredi dernier, les États-Unis exigeaient uniquement plus de transparence sur l’administration des classes de lait. Certains commentateurs ajoutaient qu’en fait c’était tout le système de classification du lait qui les dérangeait. À ce sujet, Marcel Groleau disait douter que les demandes s’arrêtent là. Il l’a répété dans son commentaire sur Facebook : « (…) Dans ce contexte, on doit s'attendre à des demandes extravagantes et totalement inacceptables sur l'accès aux marchés pour le lait, la volaille et les œufs si on réfère à leurs demandes dans les autres secteurs. Sans aller dans les détails, que ce soit sur les contrats publics, les règles d'origines, les règlements des différends, les demandes américaines sont tout simplement inacceptables. »

Malgré tout, confiants

Quoique les nouvelles soient des plus mauvaises, les porte-parole des associations du lait et du poulet demeurent confiants. Benoît Fontaine affirme qu’il a confiance que le gouvernement canadien tiendra parole. « Il y a même une vidéo dans laquelle le premier ministre Couillard et Laurent Lessard donnent leur appui indéfectible à la GO », se réjouit-il.

De son côté, Marcel Groleau se félicite de la collaboration entre le fédéral et les provinces. « On sent qu'il y a une excellente collaboration entre les provinces et le Fédéral. Le ministre de l'Agriculture M.Laurent Lessard était à Washington vendredi et samedi pour faire le point. Nous avons eu la chance de partager du temps avec lui et M. Bachand.»,a -t-il écrit.