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Malgré les rumeurs, l’Abbaye d’Oka reste invendue

Denise PROULX ,

L’Abbaye d’Oka est à vendre et le promoteur Gestion Georges Coulombe y est intéressé. Mais la transaction est loin d’être complétée, encore une fois. Plusieurs questions demeurent en suspens.

L’Abbaye d’Oka pèse lourd dans le bilan financier de la municipalité d’Oka, dont le maire sortant Pascal Quevillon aimerait bien en retirer les 800 000$ de taxes impayées depuis des années par la Corporation de l’Abbaye d’Oka, dont il est le président.

Campagne électorale oblige, il a laissé entendre à un journal local que la transaction avec Gestion Georges Coulombe était en cours, vendant ainsi pour 5,5, M$ au promoteur immobilier, spécialisé en transactions patrimoniales,  tous les bâtiments de l’Abbaye ainsi que les terres agricoles qui font partie de l’ensemble.

Ce que nie l’acheteur potentiel.

« Oui, j’ai déposé une offre qui a été acceptée. Je suis en période d’inspection diligente, préalable à ma décision finale. Mon offre d’achat est conditionnelle à ne pas démanteler l’Abbaye. Donc, je n’ai pas acheté encore et rien n’est sûr, à ce jour. Je n’ai pas acheté, c’est faux », a déclaré M. Coulombe en entrevue avec La Vie agricole.

Il ajoute que les difficultés se trouveraient du côté des institutions financières peu habituées à transiger avec des problématiques patrimoniales : « Ça achoppe de ce côté-là », précise M. Coulombe, qui se donne moins de dix jours pour compléter sa réflexion.

Lundi, le maire d’Oka estimait avoir été mal cité par le journal local et déclarait : « Il y a un dépôt de 100 000$ de la part de l’acheteur, mais la transaction n’est pas notariée. Dire que l’information est fausse, c’est faire du tort à Oka et à l’Abbaye d’Oka. »

Gestion difficile

Composée au départ par des représentants des milieux municipaux, scolaire, agroalimentaire, environnemental et de la Caisse Desjardins, ladite Corporation est passée au tournant des années 2010 sous la présidence de la municipalité d’Oka, avec un conseil d’administration presque fantôme.

Depuis 2009, diverses rumeurs annoncent la vente de l’Abbaye d’Oka, sans que jamais la transaction ne soit finalement complétée. On se rappellera qu’en 2012, la communauté Famille Marie-Jeunesse voulait cultiver les terres en culture biologique, soutenue par les Trappistes eux-mêmes. Or, la communauté religieuse s’est retrouvée avec une mauvaise presse de la part de gens mécontents de leur intention.  En 2015, des rumeurs voulaient qu’un agriculteur achète seul l’ensemble des terres, sans les bâtiments. Puis que le MAPAQ pourrait devenir propriétaire de l’ensemble de l’Abbaye d’Oka. Rien ne s’est jamais concrétisé.  

Agropur approchée

À la fin de juin 2017, le maire d’Oka a approché Agropur pour lui proposer l’achat du magasin de l’Abbaye. Intéressée, les discussions se sont rendues au conseil d’administration de la coopérative, prête à payer autour d’un million de dollars pour en faire l’acquisition. Au début août cependant, Agropur a appris indirectement que la proposition ne fonctionnait plus.

« Ça nous intéressait beaucoup, et ça nous intéresse toujours. Agropur détient des magasins ailleurs, comme Saint-Hyacinthe, pour vendre ses produits. Nous avions un projet pour améliorer l’agrotourisme et l’achat local. La Ville avait accepté notre offre, puis plus rien, fin de la conversation », relate un membre du conseil d’administration d’Agropur, le producteur laitier Alain Forget.

Tentative de dézonage

En juin dernier également, le maire d’Oka, Pascal Quevillon, a écrit à la députée de Mirabel, Sylvie D’Amours, pour obtenir son appui dans une demande potentielle de dézonage agricole des terres entourant l’Abbaye d’Oka, arguant que cela pourrait en faciliter la mise en vente. Sylvie D’Amours a refusé de cautionner cette démarche, estimant un manque de transparence dans le dossier.

Clairement, l’acheteur potentiel, Georges Coulombe, souhaite conserver les terres agricoles.

« On essaye de développer l’agriculture. On pense au maraîcher, au magasin, dont on veut augmenter l’offre commerciale. Il y a aussi une forte capacité pour les vignes. Nous voulons être notre propre gérant des terres, soit en les développant ou en les louant », précise l’homme d’affaires.