RSS
Vue Mobile
| Abonnement | Journal virtuel

«On est à la table pour s’assurer de conserver notre gestion de l’offre!» - Stéphane Billette

Yannick PATELLI ,

Stéphane Billette et Yannick Patelli

NDLR : Le 31 octobre dernier, La Vie agricole a rencontré le tout nouveau ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l’Allègement réglementaire et au Développement économique régional, Stéphane Billette. C’est dans la verrière du restaurant Le Louis-Hébert, que l’éditeur Yannick Patelli, a pu s’entretenir avec le dynamique ministre qui compte bien réaliser quelques exploits politiques au cours des prochains mois, lui qui est aussi connu pour plusieurs exploits sportifs. Le secteur agricole est primordial pour le développement des régions du Québec et Stéphane Billette a accepté de nous parler de plusieurs sujets importants pour le monde agricole : La gestion de l’offre, la transformation, les traités internationaux et la démocratie syndicale.

 

Yannick Patelli : On vous a vu récemment avec Martin Coiteux préparer un plan pour le développement des régions. Quel est l’avenir des régions sous le prochain gouvernement libéral ?

Stéphane Billette: « La dynamique économique change beaucoup dans nos régions. Auparavant on voyait beaucoup les régions attitrées à des ressources naturelles. (…) Ces clichés-là doivent cesser et il faut dire maintenant : on doit avoir n’importe quel type d’économie ( …) Le plus bel exemple c’est au Saguenay. Qui aurait pensé qu’Ubisoft irait s’implanter au Saguenay ? (…) Il important de ne pas mettre les régions en compétition l’une contre l’autre, mais en compétition avec la planète.»

Yannick Patelli : La gestion de l’offre est malmenée. On risque de vivre une concentration de fermes au Québec. Quelles solutions le gouvernement du Québec pourrait amener alors pour revitaliser les régions ?

Stéphane Billette : « La gestion de l’offre, personne n’a besoin de me la vendre. J’en serai toujours un ardent défenseur. (…) Aux États-Unis on voit des fermes de 10 000 vaches et 3 traites par jour et malheureusement on voit une dévitalisation très importante. (…) La gestion de l’offre au Québec là où la moyenne par ferme est de 60 vaches c’est un principe d’occupation du territoire. Ça a un impact majeur sur les institutions : les écoles, les bureaux de poste, les institutions financières, l’épicerie du coin. C’est une vitalité de nos régions la gestion de l’offre. Quand on dit que 40 % du produit agricole provient des productions de fermes sous gestion de l’offre, c’est essentiel à notre vitalité économique. Les politiciens ont été clairs. Mon collègue Laurent Lessard a été très clair : C’est non à l’abolition de la gestion de l’offre. Et le Québec a une place de choix dans ces négociations-là avec la présence de Raymond Bachand. Et l’hypothèse que vous supposez, nous on ne la voit pas actuellement. On est à la table pour s'assurer de conserver notre gestion de l'offre pour la survie de nos entreprises agricoles et surtout la survie de nos régions. »

Yannick Patelli : L’Accord Canada Europe a été critiqué par le gouvernement français la semaine passée notamment à cause de la possible venue en France de bœuf canadien élevé aux antibiotiques.  Cette nouvelle perception de nos élevages peut-elle nuire au développement des PME du Québec ?

Stéphane Billette : « Notre compétiteur n’est plus le voisin, c’est à l’échelle de la planète. On a de belles opportunités. Comme les Européens en ont aussi. On a vu récemment les impacts. Vous parlez des producteurs de bœufs en Europe. Nous, on peut vous parler des producteurs artisans de fromages ici qui ont un impact important. Je pense qu’il faut apprendre à vivre sur les nouveaux marchés. Il faut s’ouvrir sur les marchés (…) On a de belles opportunités. Il faut les saisir, il faut les voir. »

Yannick Patelli : Les abattoirs ont fait la manchette ces dernières semaines, autant en Abitbi que sur la Côte-du Sud avec les déboires du député Morin. Votre gouvernement compte-t-il aider le développement de ce type de PME important en région pour le secteur agroalimentaire ?

Stéphane Billette : « Je ne ferai pas un point sur les abattoirs en tant que tels. Vous savez que mon nom est Billette et que je viens du milieu des abattoirs et du milieu du commerce des animaux, mais je vais parler plus de transformation. (…) La valeur ajoutée est très importante. Auparavant on avait l’habitude de prendre notre matière première et de l’envoyer dans d’autres provinces pour se faire transformer. Maintenant, comme développeur des PME, c’est de prendre ces produits-là et de donner la valeur ajoutée ici. On le voit de plus en plus au Québec. L’exemple de VegPro et des salades Attitude, c’est près de 800 employés. C’est une création de richesse directe dans nos milieux. Le produit qui est produit sur nos fermes est transformé via ces entreprises-là et écoulé sur le marché. J’arrive des États-Unis, et j’étais très fier, à Miami ce qu’on retrouvait c’est de la salade Attitude qui provenait de chez VegPro»

Yannick Patelli : « Je sais que vous n’êtes pas ministre de l’Agriculture, du moins pas encore, mais un sujet majeur qui touche toutes les régions rurales du Québec vient d’être soulevé par le 1er vice-président de l’UPA, Pierre Lemieux puis par Marcel Groleau: l’ouverture de la loi 72 pour repenser le financement du syndicat. Plus de reconnaissance des divers syndicats agricoles, n’est-ce pas plus de forces dans les régions du Québec ?

SB : «Je vais laisser mon collègue Laurent Lessard répondre à cette question-là. C’est une très bonne question. C'est une loi importante et toute loi à ce moment-la,s'il y a des gens qui essaient de la rouvrir, je pense qu'on est en démocratie. Et en démocratie toutes les lois doivent évoluer. Est-ce qu’on doit les améliorer ? Est-ce qu’on doit les rouvrir ? Je pense que c’est le côté législatif et je vais laisser la réponse à mon collègue Laurent Lessard qui a une expertise excellente au niveau agricole qui a été ministre de l’Agriculture pendant plusieurs années et je vais lui laisser la question.»