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Industrie forestière en relance




Collaboration spéciale, Philippe Gamache
La conjoncture économique qui affecte le secteur forestier depuis plus de 10 ans est en train d’amorcer un tournant positif. Selon une étude parue en mai dernier et menée par des économistes de Desjardins, l’industrie prend du mieux. Les perspectives économiques américaines sont meilleures, mais les facteurs de succès de l’industrie ne seront pas un copier-coller de ce qui a fait son succès dans le passé. Compte tenu de tout cela, comment se comporte le prix sur le marché?
Tout d’abord, l’industrie forestière est l’une des plus importantes, en termes d’exportation, avec plus de 7 milliards de dollars de ventes à l’étranger annuellement. Elle compte même pour près de 11% de l’emploi manufacturier. La relance a débutée en 2012, année où le prix du bois d’œuvre a bondi de 47 %, selon l’agence financière Bloomberg. Cette remontée est attribuable à la hausse de la construction résidentielle américaine depuis plusieurs mois, ce qui bénéficie aux usines de sciage. Toutefois, les analystes ont réduit leurs prévisions de croissance des prix du bois pour 2013, signe que la vitesse de croisière du secteur immobilier américain n’est pas atteinte.
Pour sa part, le secteur des pâtes et papiers connaît des diminutions constantes de la demande de papier journal, tendance qui s’annonce irréversible, selon plusieurs. D’ailleurs, l’augmentation de la production des usines de sciage fait croître l’offre de copeaux et pousse à la baisse les prix, car la demande des papetières pour ces copeaux stagne. L’industrie a toujours été dépendante des sous-produits comme les copeaux pour être rentable. Maintenant, son développement passe par la diversification des produits et marchés utilisant la fibre du bois sous toutes ses formes, note l’étude de Desjardins.
Un autre inconnu sur le comportement du prix du bois d’œuvre est le nouveau régime forestier québécois, instauré en avril 2013. Ce régime modifie l’attribution des territoires de coupe. Dorénavant, 25 % du bois issu des terres publiques, sera mis aux enchères dans tout le Québec, afin de favoriser la diversification de l’industrie Les entreprises exploitantes auront à leur disposition le 75 % restant mais devront acheter le bois au prix moyen de ces enchères. Les industriels craignent que cette nouvelle façon de faire, baisse les volumes d’approvisionnement et augmente les prix. À ce sujet, ils rappellent que le Québec est l’un des endroits en Amérique du Nord où le coût de la fibre de bois est le plus élevé. Selon eux, cela pourrait freiner la reprise qui s’amorce car les entreprises québécoises seront moins compétitives si les coûts sont plus élevés qu’ailleurs.
Tous ces éléments, qui font état de la relance de l’industrie forestière, démontrent qu’elle est en train de sortir de son marasme. Toutefois, on sent bien que l’industrie est encore en convalescence, et que nombre de facteurs risquent d’affecter la vigueur du secteur. Disons-le, le papier et le bon vieux madrier sont là pour rester. Ce qui stabilisera vraiment l’industrie et les prix, passe inévitablement par l’utilisation des dérivés du bois dans d’autres domaines d’activités.
Source : Mallette, société de comptables professionnels agréés