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ALENA: Bachand assure que la gestion de l’offre ne sera pas négociable

Yannick PATELLI ,

« C’est les Américains qui vont convaincre les Américains de ne pas changer l’ALENA!» a déclaré Raymond Bachand, négociateur  en chef pour le gouvernement du Québec, dans le cadre d’une conférence qu’il donnait ce matin à Lévis à l’ouverture du rendez-vous avicole présenté par l’AQINAC. 

Raymond Bachand a rappelé qu'il y a 9 millions d’Américains aujourd’hui qui travaillent parce qu’ils ont des échanges avec le Canada dans le cadre de l’ALENA et que le Canada est le client de 35 États américains, mais que «notre problème c’est qu’ils ne le savent pas.» Toutefois M.Bachand a souligné que les agriculteurs Américains se réveillent actuellement et commencent à penser qu’il faut faire attention à ce qui se passe parce que les chaînes de valeur sont pleinement intégrées entre les deux pays.

Sans gestion de l’offre, risque de perturbation majeure dans le monde agricole

«La gestion de l’offre est un important secteur économique pas seulement pour les producteurs, mais aussi pour les transformateurs» a enchaîné Raymond Bachand qui a rappelé par ailleurs que «s’il n’y avait pas de gestion de l’offre dans le milieu agricole, on vivrait une perturbation majeure».

«La gestion de l’offre, fondamentalement c’est aussi notre économie régionale. Au fond c’est non négociable. C’est un pilier de notre économie agroalimentaire et ça va le demeurer. Mme Freeland a clairement dit : `` Si les Américains ne voulaient pas de gestion de l’offre et bien, on ne signe pas. Point!»

Le danger des propositions non conventionnelles !

«Par ailleurs au-delà de ce qui va bien, il y a ce qui nous est tombé dessus que j’appelle gentiment les propositions non conventionnelles qui viennent de la Maison-Blanche dont certaines sont absurdes» a-t-il ajouté.

Il a alors parlé de la proposition américaine la dernière journée des dernières négociations qui faisait référence à l’élimination de la gestion de l’offre sur 10 ans. «La position canadienne n’est même pas d’en discuter», a-t-il martelé.

Qu’arriverait-il si les États-Unis se retiraient de L’ALENA ?

«Tout est possible ! Que ceux qui savent ce qui se passe dans la tête du président viennent me voir après. Ça me fera plaisir d’apprendre. Ce qui est clair, c’est que le congrès est pro-ALENA !»

Il dira aussi : « Même si le président donnait son préavis de 6 mois pour mettre fin à l’ALENA, ça reste un préavis et dans ce cas l’ALENA continue mais dans un environnement incertain.»

Il précise finalement que des études ont été faites au cas où on devrait vivre sans ALENA et se veut rassurant : « En partant 50 % des plus grandes exportations manufacturières au Canada rentreraient quand même aux États-Unis sans droit douane parce que le tarif de l’OMC est  à zéro.»

Une salle à l’écoute

Quelques questions en provenance d’une salle très attentive ont été posées ensuite à Raymond Bachand à savoir par exemple, s’il n’y a pas un risque de voir les Américains attendre que l’entente du Partenariat Transpacifique (PTP) se signe à onze pays et qu’ils revendiquent alors aussi dans l’ALENA la même ouverture des marchés qui a été octroyée dans les négociations du PTP.

M. Bachand de répondre : « La position avec  les États-Unis est très ferme. Il n’y aura pas d’ouverture de marché parce qu’on n’a pas accès à de nouveaux marchés.  S’ils ne nous donnent rien pourquoi on leur donnerait quelque chose ? Dans le PTT c’était différent parce qu’on accédait à un nouveau marché !»

Un autre interlocuteur a demandé si la gestion de l’offre pouvait être sacrifiée pour d’autres secteurs ?

« Je n’ai jamais entendu nulle part le moindre élément de tentative du style : ``Ah si on concédait quelque chose est-ce qu’on peut gagner quelque chose dans un autre secteur ?`` Sur la gestion de l’offre je n’ai rien entendu» a-t-il conclu.